Lassaad Ben Ahmed
25 Février 2019•Mise à jour: 26 Février 2019
AA / Niamey / Kané Illa
Le président nigérien Issoufou Mahamadou a ouvert, lundi, au palais des congrès de Niamey, le premier sommet des chefs d’Etat et de gouvernement des pays du Sahel sur le climat.
La cérémonie d’ouverture de ce sommet s’est déroulée en présence des chefs d’Etat du Burkina Faso Rock Marc Christian Kaboré, du Congo Denis Sassou N’Guesso, de la Guinée Alpha Condé et du Tchad Idriss Déby Itno, a rapporté le correspondant d’Anadolu.
Le Soudan a été représenté par son vice-président Bakri Hassan et le Mali par son Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga.
Dans le discours qu’il a prononcé, en sa qualité de président de la Commission climat du Sahel, le président Issoufou Mahamadou a indiqué que la région du Sahel "était soumise à une très forte variabilité climatique qui se traduit par la modification des régimes pluviométriques, l’apparition de phénomènes météorologiques extrêmes, des sécheresses récurrentes avec des effets perceptibles sur les terres agricoles".
Selon lui, le changement climatique a des impacts aussi bien sur la sécurité que sur la migration. "Par exemple, la naissance et le développement de Boko Haram sont, en partie, liés à la paupérisation des populations du fait du retrait des eaux du lac. [Cette sécheresse] a eu un impact négatif sur les ressources agricoles, pastorales et halieutiques au niveau de l’ensemble du bassin", a-t-il expliqué.
"Plusieurs migrants qui quittent le Sahel sont des migrants climatiques. Cette migration risque de s’amplifier car, selon les projections, le réchauffement planétaire sera plus marqué, à la fin du siècle, au Sahel par rapport au reste du monde", a encore prévenu le président Issoufou.
Ce sommet, qui sera suivi mardi d’une table ronde des bailleurs de fonds, vise à approuver un "plan d’investissement climatique" d’un montant de 400 milliards de dollars dans les pays du Sahel, sur une période de douze ans.
Composé de 17 pays, le Sahel couvre une superficie d’environ 10 millions de km2 et compte environ 500 millions d’habitants. De nombreuses études ont démontré que cette partie de l’Afrique est extrêmement vulnérable aux effets du changement climatique, notamment les sécheresses, les inondations et les érosions côtières.
Les pays participants au sommet sont : le Cap-Vert, le Sénégal, la Gambie, la Mauritanie, le Mali, la Guinée-Conakry, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Bénin, le Niger, le Nigeria, le Cameroun, le Tchad, le Soudan, l'Érythrée, l’Ethiopie et Djibouti.