AA/Niamey/Kané Illa
Le président nigérien, Issoufou Mahamadou, et son homologue malien, Ibrahaim Boubacar Keita, ont appelé l’Union africaine "UA" à opérationnaliser l’Architecture Africaine de Paix et de Sécurité (AAPS) et l’Organisation des Nations Unies à mettre en œuvre la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel, en vue de mieux lutter contre le terrorisme qui ronge la sous-région.
Cet appel a été lancé à l’occasion de la visite d’amitié et de travail qu’a effectuée le président malien au Niger (du 1er au 4 septembre courant), selon le communiqué final lu par le ministre malien des affaires étrangères, M. Abdoulaye Diop.
« Les deux Chefs d’Etat ont, par la même occasion, condamné avec la dernière énergie la recrudescence d’actes terroristes dans la région Sahélo-saharienne, perpétrés par les organisations terroristes comme Boko Haram, Aqmi (Alqaida au Maghreb), Ançardine (groupe armé malien) et Daesch, actes de nature à inhiber son développement économique et social», informe le même document.
A propos de la situation sécuritaire au Mali, le communiqué indique que les deux chefs d’Etat ont exprimé leurs vives préoccupations et condamné le regain de violence dans le nord de ce pays, marqué par les attentats terroristes et la reprise des hostilités par certains groupes armés signataires de l’Accord de paix du 15 avril 2015 pour la paix et la réconciliation au Mali.
Les présidents Ibrahim Boubacar Keïta et Issoufou Mahamadou ont aussi exprimé «leur vive préoccupation» face à la dégradation de la situation politique et sécuritaire en Libye et renouvelé leur engagement à combattre, «sous toutes ses formes», le terrorisme dans l’espace sahélien.
Abordant les questions liées à la migration, les deux chefs d'Etats ont «déploré les drames récurrents ayant occasionné des milliers de pertes en vies humaines» et «appelé la communauté internationale à chercher une solution durable à cette catastrophe humanitaire». Cette solution passe, aux yeux des deux chefs d’Etat, «par un accroissement conséquent de l’aide publique au développement favorisant les conditions susceptibles de retenir et de fixer les candidats à l’émigration dans leur pays».
Toujours selon le communiqué final, Keïta et Mahamadou ont évoqué la situation au Moyen Orient et appelé à la poursuite du dialogue «en vue de l’avènement d’une paix juste et durable».
Sur le plan économique, les deux chefs d’Etat ont exhorté les partenaires au développement «à honorer les engagements qu’ils ont pris à travers le Programme d’Action d’Addis-Abeba adopté par la 3è Conférence des Nations Unies pour le financement du développement et entériné par l’Assemblée générale des Nations Unies le 27 juillet 2015».
Ils ont aussi émis le vœu «de voir le Sommet de New York pour le Programme de Développement pour l’après-2015 et la Conférence Internationale de Paris sur le Climat (COP 21) couronnés de succès».
Le Niger et le Mali sont les deux plus grands Etats du Sahel en termes de superficie (1.267.000 km2 pour le premier et 1. 241. 238 km2 pour le deuxième), ils partagent une longue frontière, notamment dans la partie nord du Mali où sévissent depuis 2012 des groupes terroristes comme Aqmi ( Alqaida au Maghreb), Ançardine ( groupe armé malien) et le Mouvement pour le jihad en Afrique de l’ouest (MUJAO).
Le Niger participe à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA), à travers un contingent de près d’un millier de soldats. Le pays a déjà perdu plus de trente casques bleus lors des attaques et autres embuscades des terroristes.