AA/ Bamako/ Baba Ahmed
Plus de trois millions de Maliens sont touchés par l’insécurité alimentaire, depuis 2012, date de déclenchement de la crise politico-militaire au Mali, a annoncé l’ONU à l’occasion de la journée mondiale de l’aide humanitaire (19 Août).
« En cette période de soudure, plus de 3 millions de maliens sont touchés par l’insécurité alimentaire. A l’échelle du pays, plus de 715 mille enfants sont menacés par la malnutrition aigüe. A cela s’ajoutent des besoins importants en matière de protection et d’accès aux services de base comme l’éducation et la santé », a déclaré à la presse Mme Mbaranga Gasarabwe, coordinatrice des actions humanitaire des Nations Unis au Mali, à l’ouverture de la journée de la journée mondiale de l’aide humanitaire.
Le Mali est un pays du Sahel et dont la sécurité alimentaire est tout le temps menacée par le retard et ou la faiblesse des pluies. Les régions du nord étant les plus exposées.
«La plupart de ces trois millions de Maliens menacés par l’insécurité alimentaire vivent dans le nord du pays. En plus de l’aspect désertique de ces régions du nord, il y a un conflit armé qui fragilise l’économie des populations et qui les expose à la faim », explique Moussa Ouattara, conseillé à la direction nationale de développement social.
Depuis le week-end dernier, dans le nord du pays, les groupes armés se livrent des combats, souvent dans les villes, comme la prise de Anéfif par les milices pro-gouvernement aux mains des séparatistes touareg de la Coordination des Mouvements de l’Azawad « CMA ».
Une situation qui fragilise la paix et expose à plus de difficultés les populations déjà affectées par une crise alimentaire.
«Le fait qu’il y a des accrochages après la récente signature de l’accord de paix à Bamako par les différents belligérants ( gouvernement et groupes armés indépendantistes) inquiète. Mais la sagesse et l’esprit de responsabilité prévaudra. Nous appelons à l’apaisement pour que nous puissions démarrer notre programme de mise en œuvre des programmes humanitaires », a plaidé Hamadoun Konaté, le ministre malien aux Affaires humanitaires.
Mardi, la mission onusienne pour lma stabilisation au Mali « Minusma » a établi une zone tampon de sécurité 20 km au tour de la ville de Kidal pour « protéger les populations » dans cette zone de combats opposant les groupes armés.
«Il faut protéger les civils et investir dans les dividendes de la paix à travers l’aide humanitaire aux populations vulnérables. Nous avons des possibilités de créer des accès humanitaires pour que les plus démunis bénéficient de l’aide», dit Mbaranga Gasarabwe.