AA/Ouagadougou/ Lougri Dimtalba
Deux anciens ministres du régime de l'ex-président Blaise Compaoré, Jérôme Bougouma et Jean Bertin Ouédraogo, respectivement en charge de l’Administration territoriale et de la sécurité et des Infrastructures et du Développement, ont été incarcérés à la Maison d’arrêt de correction de Ouagadougou (Maco), a appris, mercerdi, Anadolu de source judiciaire.
La même source confirme que ces deux ministres de l’ancien président Compaoré, en exil, ont été auditionnés mardi à 10 heures (locales), par la Haute cour de justice, pour des faits de « détournement de deniers publics et d’enrichissement illicite ».
Il est reproché à l’ancien ministre de l’Administration territoriale et de la Sécurité, Jérôme Bougouma d’être à l’origine de « détournements de deniers publics et d’enrichissement illicite portant sur la somme de 3 milliards de FCFA ». Il serait aussi impliqué dans les bavures policières qui ont accompagné les journées insurrectionnelles, faisant une trentaine de morts et plusieurs centaines de blessés, en juillet dernier.
Jean Bertin Ouédraogo qui a dirigé le ministère en charge des Infrastructures et des Transports, est accusé de détournements de deniers publics et d’enrichissement illicite portant sur la somme de 1 milliard de Fcfa.
L’ancien ministre du Commerce, Arthur Kafando, également accusé des mêmes faits, ne s’est pas présenté à la justice, a déclaré une source judiciaire.
C’est le 16 juillet dernier que le Conseil national de la Transition (CNT, Parlement intérimaire) a mis en accusation Blaise Compaoré et tous les membres de son gouvernement devant la Haute cour de justice pour « haute trahison » et « attentat à la Constitution », suite au soulèvement populaire qui a renversé le régime de Compaoré, après 27 années de règne.
Neuf autres ministres ont été mis en accusation pour « détournements de deniers publics » et « enrichissements illicites ».
Ces arrestations constituent la première action concrète posée par la Haute cour de justice pose, il y a de cela 20 ans. Son nouveau patron, Armand Ouédraogo, avait promis, début août, que « d’ici la fin de la transition, certains gros dossiers seront jugés ».
Plus de 5 millions et 500 mille Burkinabè sont appelés aux urnes le 11 octobre prochain pour élire le président du Burkina Faso et les députés, afin de marquer la fin d’une année de transition entamée depuis la chute de Blaise Compaoré.
Trois candidats, à savoir, Ram Ouédraogo, ex-ministre d’Etat (1999-2002) de l’ancien régime, Ablassé Ouédraogo, ancien ministre des Affaires étrangères du président déchu, Blaise Compaoré et l'ancien chef de file de l'opposition burkinabè, Zéphirin Diabré, ont déjà déposé leur dossier de candidature.
Les candidats à l’élection présidentielle ont jusqu’au 21 août 2015 pour déposer leur dossier au Conseil constitutionnel, qui devrait publier la liste définitive des candidats, le 29 août de ce même mois.