Lassaad Ben Ahmed
18 Juin 2019•Mise à jour: 19 Juin 2019
AA / Niamey / Kané Illa
Le Niger vient de se doter d’un nouveau code réglementant l’exercice de culte, après des discussions de plus de 8 heures à l’Assemblée nationale, lundi.
Le nouveau code a particulièrement marqué les médias locaux parus mardi.
«Le projet de loi relatif à l’exercice du culte au Niger a été voté avec 125 voix pour, 32 voix contre, et deux (2) abstentions», a rapporté le quotidien gouvernemental «Le Sahel».
Le texte, d’une vingtaine de pages, «a pour objectif de doter l’Etat du Niger d’un cadre juridique permettant un encadrement efficace des pratiques religieuses», a précisé le média.
«Il s’agit de fixer les principes de contrôle des pratiques confessionnelles qui se multiplient par le développement des obédiences religieuses», a expliqué, à cette occasion, le ministre de l’Intérieur et des affaires religieuses Bazoum Mohamed.
Le code sur le culte a été voté alors qu’il suscite des contestations de la part de certains leaders musulmans.
A travers des sermons lors de la prière de vendredi et à travers des prêches relayés par les réseaux sociaux, des imams ont reproché au texte gouvernemental d’être un «complot» contre l’islam, précisant qu’il a été adopté à l’issue d’une rencontre financée par des pays occidentaux.
Dans la nuit de samedi à dimanche, de violentes manifestations ont éclaté à Maradi, au centre du Niger, après l’arrestation d’un Imam opposé à ce code.
Les manifestants ont érigé des barricades sur plusieurs artères de la ville, avant de saccager une église.
L’imam a été libéré dimanche, suite à des négociations menées par ses collègues auprès des autorités régionales.
Le même jour, à Niamey, le premier ministre Brigi Rafini a rencontré, dimanche, les principales associations islamiques du Niger.
Dans une déclaration publiée à l’issue de la rencontre, les représentants des associations islamiques ont appelé au calme et indiqué avoir fait des propositions qui seront prises en compte par le gouvernement dans le projet de loi sur le culte.
En 2015, suite à la participation du président Issoufou Mahamadou à une manifestation de soutien au journal français «Charlie Hebdo», victime d’une attaque après la publication des caricatures du prophète Mohamed (PSL), plusieurs villes nigériennes ont connu des manifestations violentes.
De nombreuses églises avaient été saccagées et brûlées et une dizaine de personnes avaient été tuées.
Selon des statistiques non officielles, près de 95% de la population nigérienne sont de confession musulmane.
Voisine des régions nigérianes de Kano et Zamfara, la région de Maradi est l’une des régions nigériennes où la religion musulmane est très ancrée.