AA/ Diffa (Niger)/ Bureima Balima
Les horizons auraient été plus étroits n’eut été la brèche, une brèche d’espoir, pour les milliers de réfugiés qu’abrite la ville nigérienne de Diffa,
Ces damnés de la terre fuyant fui les exactions de Boko Haram trouvent de quoi soulager leurs plaies et malheurs chez des Nigériens sensibles à leur cause. Opportunités d'emploi et accueil humain en sont la clef de voûte.
Ceci étant, certains parmi les 120 mille réfugiés majoritairement en provenance du Nord nigérian participeront à la construction de nouveaux ouvrages hydrauliques dans la région, en vue de répondre aux besoins de ces marées humaines logées sous des tentes qui s’étendent à perte de vue, en eau potable.
« Nous faisons appel aux réfugiés pour finaliser ces travaux », déclare à Anadolu le directeur régional de l’hydraulique de Diffa, Alpha Seini Moussa. Cette main d’œuvre percevra en contrepartie de quoi se sentir un peu soulagée.
Le camp d’Assaga, à environ 7 km à l’est Diffa, se dresse comme un dernier retranchement pour des milliers des personnes qui ont fui les attaques de Boko Haram, en provenance de villages nigériens et de l’extrême-nord du Nigéria voisin.
Kanouri, Haoussa et peuls (les principales ethnies de Diffa) s’y sont réfugiées d’autres sont de retour au Niger. Ces hommes mènent tous des conditions précaires, à commencer par le manque d’eau qui complique jour après jour leur vécu quotidien. La récente arrivée de 870 ménages a aggravé la situation, selon M.Moussa.
« Nous étions obligés de faire une longue file sur l’unique forage du village pour remplir un sceau d’eau», se lamente Hassanatou Touraki, un des réfugiés d’Assaga.
Même avec la construction de trois points d’eau supplémentaires, le besoin y est toujours senti. La situation s’est plus ou moins améliorée, mais le manque est encore affiché.
Comme Assaga, les villages de Toumour, de Yebbi ainsi que la ville de Diffa disposent de points d’accès à l’eau potable. La construction de nouveaux ouvrages a, en effet, permis un relèvement significatif du taux de couverture en eau potable dans la région, selon le directeur Seini Moussa. « Aujourd’hui nous avons un ratio de 159 habitants pour un point d’eau. Ce qui n’est pas le cas il y a quelques mois », précise-t-il.
D’ailleurs, certains projets, arrêtés à la suite des attaques des Boko Haram, seront repris, poursuit le directeur, faisant remarquer qu’il sera procédé à l’embauche d’un nombre de « réfugiés pour finaliser les travaux ».
Du côté des réfugiés, une certaine satisfaction par rapport au traitement qu’ils ont trouvé à Diffa, était perçue. « Nous avons été d’abord accueillis par les villageois qui nous ont ouvert leurs portes et surtout, ils nous ont donné à manger pendant une longue période », se rappelle encore Maimouna mato, coupons à la main.
Elle attend sagement son tour pour récupérer sa dotation mensuelle en vivres, fournie par l’Etat nigérien. La cinquantaine, elle a quitté la ville de Mallam Fatori au Nigéria pour fuir les atrocités de Boko Haram.
Avec son mari et quatre de ses enfants, Maimouna va recevoir un kit composé de 75 kg de céréales, 25kg de légumineuses, 5 litres d’huile et 1kg de sel.
Ces rations permettent aux bénéficiaires de faire face aux difficultés alimentaires et nutritionnelles, dit Mani Abdoul Kadri, assistant en sécurité économique au Comité international de la Croix rouge. Ce kit alimentaire se veut par ailleurs important dans une région connue pour ses déficits céréaliers, selon le responsable de la Croix rouge.
Depuis le 6 février, date de la première attaque de Boko Haram en territoire nigérien et l’attaque de l’île de Karamga le 25 avril dernier, plus de 120.000 personnes, en provenances de villages frontaliers du Nigéria et du territoire nigérian ou sévit le groupe d’Abubakar Shekau, ont trouvé refuge dans les villages de Diffa.