AA/Bujumbura/ Nzosaba Jean Bosco
Quatre morts ont été découverts à Bujumbura, à l’issue de deux jours de fouille-perquisition dans les quartiers Musaga, Nyakabiga et Jabe, selon la police burundaise.
«Nous avons identifié quatre personnes tuées et parmi les victimes il y avait une qui détenait un fusil kalachnikov avec munitions », a déclaré, mercredi soir, le porte-parole de la police, Pierre Nkurikiye, lors d’une conférence de presse.
Le haut commandement de la police parle, pour la première fois depuis le début des manifestations contre le 3ème mandat du Président Pierre Nkurunziza, d’une insurrection minutieusement préparée.
«Deux insurgés ont été tués ce mercredi matin alors qu’ils tiraient en direction de la police à Jabe et leurs armes saisies », a confirmé à Anadolu le général Godefroid Bizimana, directeur adjoint de la police nationale du Burundi. Il a ajouté que deux cadavres non encore identifiés avaient été découverts le même jour à Musaga, quartier contestataire situé au sud de Bujumbura.
« La situation est si inquiétante, c’est pour la première fois depuis plus de deux mois que des barricades ont été érigées et des pneus enflammés, le 2 septembre, dans les quartiers », a fait remarquer à Anadolu Michel Ndikuriyo de la deuxième avenue au quartier Musaga. « Oui, le quartier de Musaga était ceinturé par la police et l’armée, parce que les forces de l’ordre s’attelaient à une fouille systématique du quartier pour retrouver les armes utilisées pour tirer sur les policiers », a encore expliqué à Anadolu le directeur adjoint de la police.
Au cours de deux mois de manifestations, lancées fin avril, contre un 3e mandat présidentiel de Pierre Nkurunziza, jugé inconstitutionnel, les habitants des quartiers contestataires de Bujumbura s’étaient largement barricadés et organisaient des rondes nocturnes afin d’empêcher la police et les jeunes affiliés au parti au pouvoir, accusés d’enlever et d’assassiner les opposants et meneurs, d’y entrer.
La récente élection de Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat n'a pas mis un terme aux troubles sécuritaires secouant le Burundi. Les manifestations et les actes de violences continuent d'ailleurs du côté desdits quartiers contestataires.
Près de 150 personnes ont déjà été tuées en l’espace de quatre mois, selon la principale association des droits de l’Homme, l’Association pour la protection des droits humains et des personnes détenues « Aprodh».