Lassaad Ben Ahmed
16 Juillet 2018•Mise à jour: 18 Juillet 2018
AA / Tunis
L’Algérie a réitéré son refus d’abriter des centres pour migrants clandestin, a déclaré le ministre algérien de l’Intérieur, à l’occasion de la 6e session du Comité frontalier algéro-nigérien qui se tient dimanche et lundi à Alger.
Le ministre algérien de l’Intérieur des collectivités locales et de l’aménagement du territoire, Noureddine Bedoui, s’exprimait à la presse algérienne dimanche.
Cette déclaration intervient sur fond de tension entre les deux pays au sujet de 600 migrants qui auraient été refoulés par l’Algérie et secourus dans des villages nigériens, la semaine dernière, après avoir marché plus de cinquante kilomètres.
"Depuis trois jours, une première vague de plus de 180 Nigériens est arrivée à Agadez, suivie par une autre (vague) d'au moins 400 étrangers", a rapporté dimanche europe1, citant un responsable local d’Agadez (nord du Niger).
Le média français ajoute que ces migrants ont été laissés dans le désert avec un minimum d’eau et de nourriture.
Ces propos n’ont pas laissé les autorités algériennes indifférentes.
« L'Algérie, qui a toujours su endiguer le phénomène de la migration clandestine, est confrontée aujourd'hui à une campagne de critiques non constructives et infondées », a déclaré le ministre algérien de l’Intérieur à l’ouverture des travaux du Comité bilatéral algéro-nigérien, selon l’Agence de presse algérienne, APS.
Et l’Algérie d’affirmer qu’elle respecte les conditions de la dignité humaine et les règles du droit international dans sa lutte contre la migration clandestine.
Dans la foulée, un entretien a eu lieu entre le ministre algérien des AE, Abdelkader Messahel et le ministre nigérien de l’Intérieur, Mohamed Bazoum.
Le ministre algérien a considéré que la région fait face à des défis majeurs : le terrorisme, la migration et le crime organisé. L’Algérie et le Niger doivent coordonner leur action, a-t-il lancé.
La question migratoire est devenue un sujet à rebondissement dans l’actualité internationale, surtout après le reportage diffusé fin 2017 par une chaîne américaine montrant un traitement dégradant de migrants africains par des passeurs libyens.
Fin juin, la question migratoire était au centre des discussions du Conseil européen. Parmi les propositions avancées pour réduire les mortalités dans des naufrages en méditerranée, l’Italie a proposé la création de centres de rassemblement et de tri de migrants africains dans les pays de la rive sud de la Méditerranée.
L’Algérie et la Tunisie ont réagi, refusant cette proposition.