AA/Yangon / Joshua Carroll
Le gouvernement réformiste du Myanmar a libéré plus de 3000 prisonniers pour « des motifs humanitaires » avant l’organisation d’un sommet régional important dans le pays.
Au moins huit des détenus graciés sont d’anciens hauts officiers des services des renseignements qui avaient été emprisonnés à la suite de la destitution par l’armée du Premier ministre Khin Nyunt, en 2004.
Une administration quasi-civile a, par la suite, pris le pouvoir, en 2011, dans ce pays précédemment gouverné par une junte militaire et annoncé une amnistie générale pour les prisonniers politiques.
L’initiative du président Thein Sein, qui avait permis la libération de centaines de détenus, avait été saluée internationalement.
Des défenseurs des droits de l’Homme ont cependant déclaré que le gouvernement avait failli à sa promesse de libérer tous les prisonniers politiques et que le nombre d’activistes à se retrouver derrière le barreau connaissait à nouveau une hausse.
Le gouvernement de Thein Sein tend à annoncer et accorder les amnisties de prisonniers à la veille d’évènements internationaux majeurs afin d’attirer l’attention internationale sur le « processus de réforme » de son régime.
Le groupe de défense des droits humains, basé au Myanmar, « Assistance Association for Political Prisoners (AAPP) », a indiqué dans son dernier rapport qu’il y avait encore 84 prisonniers politiques derrière les barreaux, en date de la fin août, tandis que 122 personnes attendaient encore leur procès « actions à motivation politique ».
Le ministère de l’Information n’a pas mentionné les prisonniers politiques lors de l’annonce de l’amnistie, mais le Comité de contrôle des prisonniers politiques a, pour sa part, affirmé, mardi, qu’au moins treize des personnes libérées avaient été emprisonnées sur des motifs politiques.
Un responsable de l’AAPP, Aung Khaing Min, a cependant déclaré à l’Agence Anadolu (AA) que son association n’avait jusqu’à maintenant identifié qu’un seul prisonnier répondant à ces critères parmi les graciés, tout en précisant qu’ils n’ont pas comptabilisé comme « prisonniers politiques » les ex-officiers des renseignements.