AA/ Washington D.C. / Erkan Avci
La porte-parole du Département d'Etat américain, Marie Harf, a exprimé sa préoccupation au sujet de la situation des musulmans Rohingyas au Myanmar, relevant, lors d’un point de presse tenu jeudi, qu'ils « n’ont pas encore acquis les droits qui sont censés leur être accordés ».
Interrogée par les journalistes sur le racisme dont est victime la minorité musulmane du Myanmar, la responsable américaine a souligné la nécessité pour le gouvernement de Yangon, de prendre « des mesures sérieuses pour améliorer les conditions de vie de ces êtres humains ». La porte-parole du Département d'Etat a indiqué qu’ils sont en contact permanent avec les responsables du Myanmar à ce sujet.
Marie Harf a affirmé : « Nous suivons de près la situation au Myanmar, notamment en ce qui concerne les musulmans Rohingyas. Et comme vous le savez, les rapports sur les droits de l'Homme confirment qu’ils n’ont pas acquis les droits qui devraient leur être accordés. Et nous sommes encore extrêmement préoccupés par le traitement auquel ils sont exposés, et par les raisons qui les poussent à migrer et à s’exiler ».
Dans un autre contexte, la responsable américaine a évoqué les critiques formulées par le président turc, Recep Tayyip Erdogan, à l’égard des médias occidentaux, affirmant : « nous avons déjà exprimé notre préoccupation au sujet de la liberté d'expression en Turquie et sur l'intervention du gouvernement ».
Harf a souligné que la presse indépendante et libre est un élément fondamental des sociétés ouvertes et démocratiques. Elle a affirmé « en tant qu’Etat ami et allié de la Turquie au sein de l’Otan, nous appelons les responsables turcs à travailler d'une manière compatible avec les valeurs démocratiques ».
Environ 1.3 million de musulmans Rohingyas vivent dans des camps isolés dans l’état d’Arakan, dans le sud-ouest du Myanmar, où la situation a été qualifiée d’«épouvantable» par l’ONU. Depuis 1982, les Rohingyas ne sont plus officiellement citoyens du Myanmar. Apatride, cette minorité musulmane visée par des campagnes haineuses, est privée des droits élémentaires et constitue, selon l’ONU, «l’ethnie la plus persécutée au monde».