AA / Yangon / Emel Öz Gözellik
La haute commission électorale du Myanmar a interdit au député musulman Shwe Maung, élu de l’Etat d’Arakan, de se présenter aux élections législatives prévues le 8 nombre prochain.
Des médias locaux ont indiqué, mardi, que Maung, élu aux législatives de 2010 pour le parti «Union, solidarité et développement» au pouvoir, a été interdit de se présenter aux élections de novembre prochain au motif que ses parents n’auraient pas la nationalité myanmraise.
Maung a démenti ces allégations, affirmant que ses parents ont obtenu la nationalité en 1957 et que son père était policier dans la direction générale de la sûreté.
Pour Charles Santiago, président du groupe de défense des droits de l’Homme formé par les députés de l’Association des Nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN), «les allégations de la commission électorale n’ont pas de sens, et cette décision va affaiblir le processus démocratique dans le pays».
Environ 1.3 million de musulmans Rohingyas vivent dans des camps isolés dans l’Etat d’Arakan, dans le sud-ouest du Myanmar, où la situation a été qualifiée d’ «épouvantable» par l’ONU.
Il y a environ trois mois, 4000 musulmans Rohingyas du Myanmar et près de 3000 migrants du Bangladesh ont été abandonnés par les trafiquants d’êtres humains et sont restés bloqués sur des bateaux dérivant sur les mers de l'Asie du Sud-est avec peu d’accès à la nourriture et à l’eau.
Depuis 1982, les Rohingyas ne sont plus officiellement citoyens du Myanmar. Apatride, cette minorité musulmane visée par des campagnes haineuses et privée des droits élémentaires, constitue, selon l’ONU, «l’une des ethnies les plus persécutées au monde».