AA / Rangoun / Gamze Türkoğlu Oğuz
La première chambre du parlement du Myanmar a adopté, jeudi, une nouvelle loi limitant les mariages interreligieux, en dépit des protestations des organisations des droits de l’Homme qui dénoncent une nouvelle vague de discrimination à l’égard des minorités ethniques, y compris les musulmans.
Après adoption par la première chambre, le nouveau projet de loi sera soumis à la deuxième chambre du parlement où il pourra être examiné et amendé avant d’être soumis au vote.
Le projet de loi impose aux non-bouddhistes désireux de se marier avec des femmes bouddhistes d’obtenir une autorisation préalable délivrée par les autorités locales. Aussi, les maris non-bouddhistes qui auront fait pression sur leurs épouses de confession bouddhiste pour les convertir, encourent-ils une peine de deux ans de prison et des sanctions financières.
L’association Ma Ba Tha, constituée de moines bouddhistes, a soutenu le projet de loi qui, selon elle, « protège le Bouddhisme ».
Des organisations de défense des droits de l’Homme l’ont cependant dénoncé, considérant qu’il constitue une nouvelle violation des droits des minorités ethniques et de la femme.
Le président du Myanmar, Thein Sein, a approuvé, le 23 mai courant, une nouvelle loi sur le contrôle de la natalité, malgré l’opposition des organisations des droits humains qui ont dénoncé des dispositions à caractère raciste. La nouvelle loi énonce une obligation d’au moins trois ans d’écart entre chaque naissance d'enfant.
Environ 1.3 million de musulmans Rohingyas vivent dans des camps isolés dans l’état d’Arakan, dans le sud-ouest du Myanmar, où la situation a été qualifiée d’ « épouvantable » par l’ONU. Depuis 1982, les Rohingyas ne sont plus officiellement citoyens du Myanmar. Apatride, cette minorité musulmane visée par des campagnes haineuses est privée des droits élémentaires et constitue, selon l’ONU, «l’une des ethnies les plus persécutées du monde ».
Environ 4000 musulmans Rohingyas du Myanmar et près de 3000 migrants du Bangladesh ont été abandonnés en mer par les trafiquants d’êtres humains, et sont bloqués sur des bateaux dérivant sur les mers de l'Asie du sud-est avec peu d’accès à la nourriture et à l’eau.