Majdi Ismail
17 Octobre 2024•Mise à jour: 17 Octobre 2024
AA / Tunis / Majdi Ismail
Après plusieurs nuits de violences urbaines et des semaines de négociations en Martinique, théâtre d’une mobilisation contre la vie chère, l’Etat français a déclaré mercredi 16 octobre avoir signé un accord, notamment avec les distributeurs, pour baisser de ’’20% en moyenne’’ les prix de l'alimentaire sur cette île française des Caraïbes.
L’accord annoncé par le préfet de Martinique, Jean-Christophe Bouvier, a été signé au terme d'un septième volet de négociations, rapporte France info.
Selon un communiqué du préfet, cette baisse concerne ‘’une liste de 54 familles de produits correspondant aux produits alimentaires les plus consommés en Martinique’’, soit plus de 6 000 produits.
Le ‘’protocole d'objectifs et de moyens de lutte contre la vie chère’’, sur ce territoire où les prix de l'alimentaire sont actuellement 40% plus élevés que dans l'Hexagone, a été signé entre la préfecture locale, la collectivité territoriale de la Martinique et une batterie d'acteurs locaux, allant des distributeurs (hypermarchés et supermarchés notamment) aux parlementaires, en passant par le Grand Port maritime et le transporteur CMA-CGM, rapporte France info.
Cependant, le collectif Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens (RPPRAC), à l'origine de la mobilisation depuis le 1er septembre, n’a pas ratifié cet accord.
‘’Le peuple en total désaccord [avec le protocole] a décidé de poursuivre le mouvement’’, a tancé le leader du RPPRAC, Rodrigue Petitot.
Le RPPRAC exige que la baisse des prix consentie par l'Etat et les divers acteurs locaux concerne ‘’tout l’alimentaire’’.
‘’On parle de 6 000 produits sur 40 000’’, souligne Rodrigue Petitot, qui demande également la venue du ministre des Outre-mer, François-Noël Buffet, sur l'île. ‘’On est ultradéterminés. On maintient les blocages, on maintient tout. Le combat, c'est jusqu'à obtenir gain de cause’’, a-t-il insisté.
Le député du Nord de l'île, Marcellin Nadeau, a exprimé son inquiétude face à la position ferme du collectif : ‘’Dans la mesure où le RPPRAC n'a pas signé, on ne peut pas dire qu'on soit sortis de la crise’’. De son côté, le préfet a appelé à la ‘’désescalade de la violence’’, alors que les autorités locales ont prolongé jusqu'au 21 octobre un couvre-feu nocturne sur l'île.