Lassaad Ben Ahmed
07 Février 2021•Mise à jour: 08 Février 2021
AA / Peter Kum
Le président centrafricain, Faustin Archange Touadera, a réitéré sa prédisposition d'engager un dialogue avec l'opposition démocratique, à l'occasion du deuxième anniversaire de l'Accord de khartoum, signé entre le gouvernement et 14 groupes armés centrafricains le 6 février 2019.
« Dans le cadre du nouveau mandat que le Peuple souverain vient de me donner, je réaffirme ma disponibilité à engager un dialogue républicain avec l’opposition démocratique et toutes les forces vives de la Nation, pour sortir notre pays de cette crise interminable qui plombe le développement socio-économique de notre pays », a déclaré le président Touadera, samedi, lors d'une cérémonie marquant l’an II de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation.
Pour le président Touadera, « ce n’est pas un signe de faiblesse, loin s’en faut ! Mais c’est parce que je suis résolu à construire une nouvelle République, débarrassée de la haine, de la méchanceté, de l’esprit de vengeance, de l’égoïsme, du tribalisme, des violences aveugles, de la mal gouvernance, un pays où chaque citoyen retrouve réellement sa place et la joie de vivre ».
Touadera n'a pas donné le format et période dudit dialogue.
Dans le même contexte le Premier ministre centrafricain, Ngrebada Firmin, s'est dit favorable à un dialogue avec l’opposition et les forces vives de la nation, « mais pas avec ceux qui ont repris des armes » contre le régime, notamment les groupes armés de la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC).
Il a, par ailleurs, recommandé « aux acteurs restés fidèles à l’Accord de paix de se désolidariser de la CPC », car a-t-il souligné, « leur place c’est devant la justice ».
D’après le chef du gouvernement centrafricain, des progrès dans la mise en œuvre de l’Accord auraient pu se poursuivre davantage et se renforcer si tous les signataires étaient restés constants dans leur volonté d’aller à la paix et à la réconciliation.
« Malheureusement, les nombreux cas de violation déplorés tout au long de la mise en œuvre et, plus récemment, l’alliance de certains signataires notamment les 3R, l’UPC, le MPC, les Anti Balaka et le Mouvement RJ SAYO avec la CPC, ont finalement révélé que ceux-là avaient un agenda caché », a-t-il regretté.
Pour accorder une autre chance à cet engagement qui a pour but de tenter de résoudre le conflit qui a déjà fait des milliers des morts depuis 2013, les autorités de Bangui ont annoncé, samedi, qu’« une réflexion sera menée pour redynamiser l´accord avec les groupes armés restés fidèles à leurs engagements ».
Pour rappel, c’est sous l’égide de l’Union Africaine, des Nations unies et de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) que le gouvernement centrafricain avait signé un accord de paix avec 14 groupes armés à Khartoum (Soudan) le 3 février et l’ont ratifié le 6 février 2019 à Bangui.
L’Accord politique pour la paix et la réconciliation en République Centrafricaine doit conduire à une stabilisation du pays après 6 années de guerre, de violences et de violations graves des droits humains.
Il prévoit, outre l’engagement de lutter contre l’impunité, la cessation des hostilités, le désarment et la suppression des groupes armés, la mise en place d’un gouvernement inclusif, une décentralisation renforcée ainsi que des mécanismes de justice transitionnelle.