Mona Saanouni
19 septembre 2017•Mise à jour: 20 septembre 2017
AA/Genève/Abduljabbar Aburas
L’Organisation des Nations Unies a annoncé, mardi, que les musulmans Rohingyas « subissent des actes d'une grande barbarie dans l’Etat d’Arakan dans l’ouest du Myanmar », faite par les forces de l’armée et les milices extrémistes bouddhistes.
Le chef de la commission de l'Onu chargée d'enquêter sur les violences commises au Myanmar, Marzuki Darusman, a appelé le gouvernement à «accorder un accès inconditionnel à la délégation onusienne à l’Etat d’Arakan ».
Darusman a souligné, lors de son allocution devant le Conseil des Droits de l’Homme relevant de l’ONU à Genève, que « les musulmans Rohingyas subissent une grande barbarie à Arakan ».
«Les mines terrestres plantées sur les frontières entre le Myanmar et le Bangladesh, tuent et mutilent les musulmans Rohingyas fuyant les violences et la torture vers le territoire bangladais », a-t-il poursuivi.
Le responsable onusien a précisé que « plus de 400 mille Rohingyas ont fui le Bangladesh en moins d’un mois, et que 200 villages appartenant à cette minorité musulmane à Arakan ont été désertés ».
Darusman a exhorté le Conseil des Droits de l’Homme à prolonger la durée de sa mission au Myanmar jusqu’au mois de septembre 2018, afin de poursuivre les enquêtes sur les violences au Myanmar.
Plus tôt ce mardi, la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi a déclaré que son pays autorisera l’entrée d’observateurs internationaux à l’Etat d’Arakan, dont plus de 400 mille musulmans Rohingyas ont pris la fuite à la suite des violences.
Lors de son premier discours télévisé, depuis le déclenchement de la crise en août dernier, Suu Kyi a indiqué que les violences et les opérations militaires à Arakan (ouest) sont suspendues depuis le 5 septembre courant.
Malgré l’existence de rapports contradictoires au récit de Suu Kyi, indiquant la fuite de centaines de musulmans Rohingyas au Bangladesh, la dirigeante birmane a noté que « la majorité des musulmans ne se sont pas enfuis de la région ».
Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) avait estimé, plus tôt mardi, à près de 421 mille le nombre de de Rohingyas ayant fui la région d’Arakan vers le Bangladesh, depuis le début des violences en août dernier.