Mona Saanouni
03 Novembre 2020•Mise à jour: 03 Novembre 2020
AA / Tunis
Le Chef du gouvernement tunisien, Hichem Mechichi, a souligné, mardi, que son pays subit une crise économique inédite, mais « n’est pas menacé de faillite de même qu'il n'en n’est pas proche ».
C'est ce qui ressort d'une conférence de presse animée par Mechichi au Palais Ennejma Ezzahra à Sidi Bousaïd (Nord de Tunis) à la suite d'une rencontre avec des experts économiques avec qui il a discuté des situations financière et économique du pays et du déficit du budget de l'année actuelle, estimé à près de 3 milliards de dinars (1,1 milliard USD).
Mechichi a indiqué que la « Tunisie n'a pas traversé tout au long de son histoire une crise économique et sociale similaire à celle vécue aujourd'hui et ce, en raison des accumulations de plusieurs années, sans identification de solutions ou de mise en place de stratégies pour sortir de cette situation ».
« La pandémie de la Covid-19 a approfondi la crise socioéconomique, dont nous constatons les contours dans plusieurs phénomènes, tels que le chômage, l'immigration clandestine et d'autres illustrations négatives, mais elle n’est pas la cause directe », a-t-il expliqué.
« Nous discuterons avec la Banque centrale, qui a maîtrisé tout au long des années écoulées l'inflation et le glissement du dinar à des paliers négatifs, au sujet des fondamentaux qui touchent le quotidien des Tunisiens et nous attirerons son attention pour qu'il intervienne afin d'accomplir le rôle qui est le sien en tant que principal acteur de l'économie du pays », a ajouté le Chef du gouvernement.
Mechichi a relevé que « la probabilité du report du paiement des dettes de l'Etat tunisien se pose tout en préservant une grande marge de confiance, ce sur quoi notre gouvernement travaille ».
Il a, également, appelé à « renforcer les efforts pour stopper l’hémorragie de l'économie », affirmant qu'il « n'y a pas lieu de lancer de nouveaux investissements ou de s'engager dans de nouveaux projets sans déterminer, au préalable, les causes du déficit et l'accumulation en continu des dettes des entreprises publiques ».
Mechichi a relevé que le gouvernement « planifie de réduire le déficit à 12% du PIB en comparaison avec les 14% annoncés précédemment ».
Il a souligné qu'il envisage de demander de la Banque centrale « de financer un déficit prévu de 3 milliards de dinars (1,1 milliard USD) à travers l'achat de bons de trésor ».
Il a affirmé que « le gouvernement est déterminé à interdire tout acte de nature à entraver le fonctionnement des installations pétrolières dans le pays ».
« Il n'y a pas lieu, au cours de la prochaine période, à tout acte de nature à interrompre la production du pétrole ou à bloquer le réseau ferroviaire, ou à toute autre forme de blocage de la production du pétrole ou du phosphate », a-t-il martelé.
« Nous passerons à la phase de l'application de la loi en recourant à la force de l'Etat, s’agissant de la question du blocage de la production du phosphate ou du pétrole », a-t-il ajouté sans fournir de détails.
L'économie tunisienne a connu une récession de 21,6% au cours du 2ème trimestre de l'année 2020, avec des prévisions de récession de 7% d'ici la fin de l'année selon le FMI.
*Traduit de l'arabe par Hatem Kattou