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22 Octobre 2024•Mise à jour: 22 Octobre 2024
AA / Tunis / Fatma Ben Amor
Le couvre-feu nocturne en Martinique est prolongé jusqu'au 28 octobre courant sur l'ensemble du territoire insulaire, théâtre d’une mobilisation contre la vie chère depuis plusieurs semaines, a annoncé lundi la préfecture.
"Tout déplacement de personnes sur la voie publique, dans l'espace public ou dans un lieu ouvert au public est interdit entre 00h00 et 05h00 jusqu'au lundi 28 octobre 2024 sur l'ensemble du territoire", a indiqué la préfecture dans un arrêté relayé par les médias français. Cette mesure est assortie de restrictions de vente et transports d'essence et d'usage d'engins pyrotechniques.
Selon Le Figaro, la nuit de dimanche à lundi a été marquée par de nouvelles violences urbaines en Martinique, la préfecture signalant une "douzaine de barrages" érigés, une station-service "pillée" et un blessé parmi les forces de l'ordre.
Le mouvement de contestation contre la vie chère sur cette île française des Caraïbes a été lancé début septembre par le Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens (RPPRAC), qui exige un alignement sur la métropole des prix des produits alimentaires. Selon une étude de l’Insee publiée en 2022, les prix alimentaires en Martinique étaient 40 % plus élevés que dans la métropole.
Malgré un accord pour baisser certains prix, la crise n’est pas terminée pour autant. L’Etat français a, en effet, déclaré mercredi 16 octobre avoir signé un accord, notamment avec les distributeurs, pour baisser de "20% en moyenne" les prix de l'alimentaire. L’accord annoncé par le préfet de Martinique, Jean-Christophe Bouvier, a été signé au terme d'un septième volet de négociations.
Le RPPRAC n’a, cependant, pas ratifié cet accord. "Le peuple en total désaccord [avec le protocole] a décidé de poursuivre le mouvement", a annoncé le leader du RPPRAC, Rodrigue Petitot.