Esma Ben Said
30 Mars 2018•Mise à jour: 31 Mars 2018
AA/ Kinshasa/ Pascal Mulegwa
Plus de soixante écoles ont été fermées suite aux violences qui ont éclaté depuis mi-décembre à Djugu, un territoire de la province de l’Ituri dans le Nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), a appris vendredi Anadolu de source administrative.
"Nous avons recensés plus de 60 écoles qui ne sont plus opérationnelles après les tueries enregistrées dans le territoire de Djugu, elles ont été fermées, les élèves et enseignants ont fui les localités et ceux qui sont restés ont peur de reprendre les cours", a déclaré à Anadolu Dieudonné Mwenze ; directeur de l’Enseignement primaire et secondaire en Ituri.
Parmi ces écoles, une vingtaine ont été "pillées, saccagées et incendiées par des assaillants" a-t- il déploré notant un retour progressif d’élèves et enseignants dans ce territoire "mais ils auront du mal à reprendre vite le chemin de l’école" a-t- il nuancé.
"Nous n’aurons pas d'autres choix que de tenter de prolonger l’année scolaire afin d’éviter une année blanche pour ces élèves (…) nous travaillons encore sur cela", a déclaré à Anadolu, Lonema Ngandjole ministre de l’éducation dans l’Ituri.
Dans cette province riche en Or, des attaques généralement menées par des assaillants de la communauté Lendu (agriculteurs) ont fait une centaine de morts et poussé plus de 200 mille personnes aux déplacements internes et près de 60 mille autres à se réfugier en Ouganda, d’après des chiffres de l’ONU.
L’armée s’est réjoui cette semaine d’avoir déjà "neutralisé" 28 assaillants et capturé 60 autres depuis le début de la vague de tueries.
Ces assaillants s’attaquent aux villages habités par des éleveurs Hema, avec qui ils cohabitent difficilement depuis près de 20 ans à la suite d’un différend foncier.
Le conflit de l’Ituri fait partie de nombreux conflits qui ensanglantent l’Est de la RDC, région constellée d’une centaine de groupes armés et théâtre de violences chroniques depuis plus de vingt (20) ans.
Dernière façade congolaise à sombrer dans l'effusion de sang depuis la fin théorique du deuxième et dernier mandat du président Joseph Kabila le 19 décembre 2016, l’Ituri avait déjà connu un différend foncier opposant les Hema et Lendu dans les années 2000.
Impliquant des groupes armés et milices, il avait dégénéré en massacres faisant plus de 60 000 morts (ONG) et 600 000 déplacés. Ces violences avaient entraîné en 2003 l'intervention d’une force militaire européenne sous commandement français.