Mohamed Hedi Abidellaoui
01 Juin 2017•Mise à jour: 02 Juin 2017
AA/ Kinshasa/ Pascal Mulegwa
Deux cent soixante-deux Organisations non gouvernementales (ONG) congolaises et neuf organisations internationales ont pressé, jeudi, le conseil des Nations unies aux droits de l’Homme d’établir une commission devant enquêter sur les violences meurtrières qui secouent la région du Kasaï dans le centre de la République démocratique du Congo (RDC), depuis août dernier.
« L’engagement du Conseil des droits de l’Homme est désormais essentiel pour aider à protéger les civils contre les violences et pour faire pression afin que les responsables de graves violations et abus commis par l’armée congolaise et les groupes armés soient traduits en justice », a déclaré Paul Nsapu, secrétaire général adjoint à la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), cité dans un communiqué de cette coalition d’ONGs dont Anadolu a reçu copie.
Egalement citée dans le même communiqué, la directrice pour l’Afrique centrale de l’ONG américaine Human Rights Watch (HRW) Ida Swayer soutient que Kinshasa s’est montrée « incapable ou peu désireuse d’arrêter le carnage ou de faire en sorte que les responsables des abus rendent des comptes ».
Le président de l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ), Georges Kapiamba, cité par dans le même document, a soulevé « un sérieux doute » quant à la capacité du pouvoir judiciaire congolais d’enquêter de manière crédible sur les violences.
Les violences sanglantes qui secouent les provinces du Kasaï-central, Kasaï, Kasaï-Oriental et Lomami dans le centre de la RDC avaient éclaté après l’assassinat par les forces de sécurité congolaises, le 12 août, de Kamwina Nsapu, chef traditionnel influent qui réclamait son droit de régner sur une localité dans le Kasaï-central.
Entre 500 et 1000 personnes ont été tuées dans les violences qui opposent les adeptes de ce défunt chef traditionnel aux forces de sécurité congolaises, selon les Nations-Unies.