Lassaad Ben Ahmed
28 Mars 2018•Mise à jour: 29 Mars 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Dix soldats congolais ont été tués, alors que 28 miliciens ont été "neutralisés" lors de multiples affrontements depuis mi-décembre en Ituri dans le Nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), a annoncé l’armée congolaise mercredi lors d'un point de presse.
Depuis mi-décembre,"les forces armées de la RDC (FARDC) ont déjà neutralisés 28 assaillants, 10 vaillants soldats sont morts et quelques uns ont été blessés", a déclaré à Anadolu le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole de l’armée dans l’Ituri, province frontalière avec l’Ouganda.
Au moins 60 assaillants ont été capturés et des armes ont été récupérés, a ajouté l’officier, faisant état d’une "accalmie apparente" dans le territoire de Djugu où des déplacés "ont commencé à regagner progressivement leurs villages".
Dans ce territoire, des attaques généralement menées par des assaillants de la communauté Lendu (agriculteurs) ont fait une centaine de morts et poussé plus de 200 mille personnes aux déplacements internes et près de 60 mille autres à se réfugier en Ouganda, d’après des chiffres de l’ONU.
Ces assaillants s’attaquent aux villages habités par des éleveurs Hema, avec qui ils cohabitent difficilement depuis près de 20 ans à la suite d’un différend foncier.
A l’unisson de l’Eglise catholique qui a dernièrement déploré un silence "masqué" du gouvernement et une "passivité" face à ces tueries, l’opposition a dénoncé en mars courant une "instrumentalisation ethnique" en Ituri pour déclencher une "guerre" entre deux communautés.
Le conflit de l’Ituri fait partie de nombreux conflits qui ensanglantent l’Est de la RDC, région constellée d’une centaine de groupes armés et théâtre de violences chroniques depuis plus de vingt (20) ans.
Après une saga meurtrière qui a ravagé la région du Kasaï (centre) entre l’été 2016 et 2017, l'Ituri est la dernière façade congolaise à sombrer dans l'effusion de sang depuis la fin théorique du deuxième et dernier mandat du président Joseph Kabila le 19 décembre 2016.
Un différend foncier avait déjà opposé les Hema et Lendu dans les années 2000. Il avait dégénéré en massacres faisant plus de 60 000 morts (ONG) et 600 000 déplacés.
Ces violences impliquant des groupes armés et milices avaient entraîné en 2003 l'intervention d’une force militaire européenne sous commandement français.
Plusieurs leaders de ces groupes armés ou milices ont été les premiers clients de la Cour pénale internationale (CPI) basée à la Haye.