Lassaad Ben Ahmed
28 Mars 2018•Mise à jour: 28 Mars 2018
AA / Desk
Alors que le ministre camerounais de l’Administration territoriale, fraichement nommé début mars, annonce le démarrage d’un dialogue avec les sécessionnistes anglophones, le tribunal militaire de Yaoundé s’apprête à ouvrir, jeudi, le procès du célèbre journaliste camerounais Mancho Bibixy, plus connu par son alias BBC.
Il comparaît, le jeudi 29 mars, en compagnie des autres activistes anglophones arrêtés dans le cadre de la crise sociopolitique qui a secoué les régions du sud-ouest et du nord-ouest du Cameroun depuis octobre 2016, selon une information rendue publique mercredi, via communiqué, par le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (REDHAC) et le Centre pour les droits de l'homme et la démocratie en Afrique (CHRDA).
Les deux organisations humanitaires s’adressaient à toutes les ONG camerounaises et étrangères, à tous les corps diplomatiques et aux institutions internationales les exhortant d’user de leurs poids pour amener les autorités camerounaises à libérer le journaliste et ses codétenus.
Dans leur communiqué, le REDHAC et le CHRDA tiennent les autorités judiciaires camerounaises pour responsables, s’ils ne prononcent pas leur acquittement et n’abandonnent pas toutes les charges contre le journaliste et les détenus arrêtés dans le cadre de la crise anglophone.
Mancho Bibixy, alias «BBC» et ses compagnons furent arrêtés le 30 novembre 2016, dans le cadre de la crise dite «anglophone».
Cette crise avait commencé par un mouvement d’humeur d’avocats et d’enseignants anglophones, protestant contre une discrimination sur la base de la langue de la part du pouvoir central (Francophone) de Yaoundé. Cette contestation, réprimée, a rapidement pris la forme d’une sécession et même d’une résistance armée, depuis décembre 2017.
Pour essayer de contenir cette crise, le président camerounais, Paul Biya, a nommé début mars deux ministres anglophones, dont Atanga Nji, ministre de l’Administration territoriale qui a annoncé, mardi sur les ondes de la radio nationale, l’engagement d’un dialogue avec les sécessionnistes.
Dans cette intervention succincte, Atanga Nji, a insisté sur l’unité territoriale du Cameroun.
C’est «un dialogue responsable, un dialogue avec ceux qui savent que le Cameroun est un et indivisible», a-t-il laissé entendre dans sa déclaration prononcée depuis une localité du sud-ouest du Cameroun, incitant « les combattants à profiter de l’opportunité qui leur est offerte pour se reconvertir», d’après les propos relayés par le journal du Cameroun.
Les séparatistes n’ont pas encore réagi à cette déclaration, mais si le procès du 29 mars contre «BBC» et ses compagnons tourne au malheur, la situation dans les régions anglophones risque d’empirer, d’après certains observateurs.