Lassaad Ben Ahmed
28 Mars 2018•Mise à jour: 28 Mars 2018
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Le parquet général de la République démocratique du Congo (RDC), a ouvert à Kinshasa une "information judiciaire" pour "faux et usage de faux" et "usurpation de nationalité" contre l'opposant exilé Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle du 23 décembre de cette année, a appris Anadolu de source officielle.
"Nous venons d’ouvrir une information judiciaire en charge de Moise Katumbi pour que le moment venu il puisse répondre de tous ses actes", a déclaré mardi soir à la presse Flory Kabange Numbi, procureur général de la République (PGR) de la RDC.
"Comment voulez-vous qu’un individu se sachant de nationalité italienne puisse se présenter devant nos bureaux pour avoir le passeport, la carte d’électeur ? Tout ce temps qu’il a passé à la tête de la province, il se prévalait des actes faux, de faux documents", s’est empressé le chef des parquets congolais.
La même source a déclaré avoir décidé d'un procès contre l’opposant Katumbi dans une affaire de recrutement de mercenaires étrangers pour déstabiliser la RDC.
Une récente publication du magazine français et panafricain Jeune Afrique a démontré que l’ancien et populaire gouverneur de l’ex-province du Katanga (Sud-est) détenait la nationalité congolaise pendant dix-sept ans.
Ancien allié de poids du président Kabila, avant de passer à l’opposition en 2015, Katumbi, la cinquantaine, est sous le coup d’une condamnation à trois ans de prison dans une affaire immobilière dans son pays et est poursuivi par la justice congolaise qui a promis de l’arrêter dès son retour au pays.
Le riche homme d’affaires est en exil forcé en Belgique depuis mai 2016, après avoir obtenu l’autorisation des autorités congolaises de quitter la RDC, officiellement pour se faire soigner.
Depuis l'Afrique du Sud, il a dernièrement lancé sa plate-forme électorale "Ensemble". La constitution en vigueur au Congo-Kinshasa consacre l’exclusivité de la nationalité congolaise.
Un des alliés de Katumbi, le député Christophe Lutundula a dénoncé auprès d’Anadolu, mercredi, une "l’instrumentalisation de la justice" et un "acharnement du président Kabila contre son potentiel adversaire".
Malgré sa position très délicate, Katumbi a promis de rentrer au pays pour présenter sa candidature. Ses alliés ont rejeté la semaine dernière tout "plan B" à sa candidature.