Merve Gül Aydoğan Ağlarcı
21 Mai 2026•Mise à jour: 21 Mai 2026
AA/Hamilton/Merve Aydogan
La représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU pour les enfants et les conflits armés, Vanessa Frazier, a déclaré jeudi que les enfants en Haïti faisaient face à un niveau de violence « sans précédent », alors que les gangs armés renforcent leur emprise sur plusieurs zones du pays.
« Les défis auxquels sont confrontés les enfants en Haïti sont extraordinairement complexes, multiples et multidimensionnels », a-t-elle affirmé lors d’une conférence de presse à l’issue de sa visite dans le pays.
Décrivant le quotidien des enfants vivant sous contrôle des gangs, elle a expliqué que grandir en Haïti signifie aujourd’hui « lutter chaque jour pour survivre », vivre dans la peur constante, subir intimidations, violences, séparations familiales, déplacements forcés et traumatismes.
Selon elle, la situation s’est fortement aggravée en 2025. Le recrutement et l’utilisation d’enfants par les gangs armés auraient presque triplé par rapport aux années précédentes, au point que plus de la moitié des membres de gangs seraient désormais des enfants.
Vanessa Frazier a également indiqué que les meurtres et mutilations d’enfants avaient presque doublé, tandis que les enlèvements et les violences sexuelles augmentaient fortement. Elle a ajouté que les écoles et les hôpitaux étaient de plus en plus utilisés à des fins militaires.
« Aujourd’hui, les enfants en Haïti subissent un niveau de violence qu’aucun enfant ne devrait jamais endurer », a-t-elle déclaré.
Elle a souligné que de nombreux enfants vivent dans des zones totalement contrôlées par les gangs, sans accès à l’école, aux soins de santé ni aux services de protection de base.
Vanessa Frazier a néanmoins salué certaines mesures prises par les autorités haïtiennes, notamment l’application d’un protocole signé avec l’ONU en 2024 visant à transférer les enfants associés aux gangs vers des services de protection de l’enfance.
Malgré cette situation, elle a estimé que les enfants haïtiens continuaient de faire preuve d’une « résilience extraordinaire ».
« Ils méritent plus que la survie ; ils méritent la possibilité de grandir, de rêver et de retrouver leur enfance », a-t-elle conclu, réaffirmant l’engagement « indéfectible » des Nations unies en faveur de la protection des enfants en Haïti.
*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir