Lassaad Ben Ahmed
18 Avril 2018•Mise à jour: 18 Avril 2018
AA / Niamey / Kané Illa
Des violents heurts ont opposé, mercredi, les élèves des lycées et étudiants de l’Université Abdou Moumouni de Niamey aux forces de l’ordre, a constaté le correspondant d’Anadolu au Niger.
Dès les premières heures de la journée, les élèves des différents lycées et les étudiants ont dressé des barricades sur les principales voies de Niamey.
Ils ont notamment mis du feu aux pneus et placé des troncs d’arbres sur les différents tronçons, empêchant toute circulation.
Les forces de l’ordre, déployées en grand nombre, ont usé du gaz lacrymogène pour les disperser.
Les affrontements ont été particulièrement violents au niveau de l’Université de Niamey, où ils ont duré plusieurs heures, avant que la Gendarmerie, la Garde nationale et la police ne délogent les étudiants du campus et des facultés.
«On n’a pas encore enregistré de pertes en vies humaines, mais il y a beaucoup d’étudiants blessés, dont certains grièvement.
«Ils reçoivent actuellement des soins au niveau du Centre hospitalier universitaire (CHU)», a indiqué Aboubacar Dari, étudiant à la Faculté des lettres et sciences humaines (FLSH), dans une déclaration à Anadolu.
En fuyant les forces de l’ordre, les étudiants se sont attaqués au siège du Rectorat, situé à un kilomètre du campus, dans le quartier populaire de Karadjé.
Là, des véhicules ont été vandalisés.
«Force doit rester à la loi. Les auteurs et commanditaires de ces actes ignobles doivent être identifiés et sanctionnés, conformément à la loi. D’importants dégâts matériels sont à déplorer», a réagi sur sa page Facebook le Professeur Mounkaïla Abdo Serki, chargé de communication et des relations publiques du Rectorat.
Jusqu’à 14h GMT, le gouvernement n’a fait aucune déclaration par rapport à la situation.
A travers leur mouvement, les étudiants voulaient, entre autres, exiger de meilleures conditions d’études et l’abrogation par le gouvernement des mesures d’exclusion des dirigeants syndicaux des étudiants de l’Université de Niamey, prises en mars par le Conseil de l’Université, après «l’agression» d’un enseignant par des étudiants.