AA/Beyrouth/ Hamza Tekin
Le Premier ministre libanais, Tammam Salam, a ordonné, mardi, de retirer le mur de béton qui avait été érigé, il y a moins de 24 heures, autour du siège du gouvernement, au centre de la capitale libanaise, Beyrouth, dans un contexte marqué par les manifestations de protestation contre la corruption et la crise des déchets dans le pays.
Salam a donné des instructions pour le retrait immédiat du mur, dont des activistes libanais avaient fait une «plate-forme libre», pour exprimer ce qu'ils ont qualifiées de «souffrances du peuple».
Des engins de chantier ont commencé à retirer des pans du mur, sous les applaudissements et les cris de dizaines de Libanais.
Des dizaines d’activistes avaient transformé le mur, dès les premiers instants de son édification, lundi, en un support pour leurs slogans, accusant les responsables libanais et des membres du Parlement (128 députés), de «corruption et de détournement de fonds publics depuis des décennies».
Les forces de sécurité avaient ramené, lundi, de grands blocs de béton armé, et en ont construit un mur élevé, interdisant l'accès au «Grand Sérail » (le siège du gouvernement), à Beyrouth. Quelques manifestants brandissant des drapeaux libanais avaient tenté d’en empêcher la construction, considérant qu’il s’agit d’un nouveau «mur de Berlin séparant le peuple libanais de l’autorité corrompue au pouvoir».
Les forces de sécurité libanaises avaient dispersé, dimanche soir, dans la place Riad al-Solh, au centre de Beyrouth, des milliers de manifestants, réclamant la démission du gouvernement et la chute du régime.
Quelques manifestants avaient tenté de prendre d'assaut le siège du gouvernement. Les forces de sécurité ont riposté en faisant usage de canons à eau, de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc.
Des activistes de la campagne «Vous puez», accusent des manifestants qualifiés «d’infiltrés», de provoquer des confrontations avec les services de sécurité, et de s’attaquer à des magasins, pour «faire échouer le mouvement de contestation pacifique».
Une dizaine de milliers de manifestants s’était rassemblée, samedi, au centre de la capitale libanaise, Beyrouth, à proximité du siège du gouvernement et du parlement, pour protester contre la corruption, et les déchets accumulés. Les protestataires ont appelé à «renverser le régime», lors d’une manifestation brutalement réprimée par les forces de sécurité libanaises, qui ont fait usage de matraques, de canons à eau, de balles réelles et en caoutchouc. Des dizaines de blessés ont été enregistrés.
La crise des déchets et des ordures ménagères amassés dans les rues de Beyrouth se poursuit depuis deux mois. Elle fait peser de sérieuses menaces sur la santé publique, selon des sources médicales, alors que la population dénonce l’incapacité des autorités à trouver des solutions radicales et définitives.