AA/Beyrouth/ Hamza Tekin
Les campagnes contre la «corruption des responsables» et critiquant leur échec à parvenir à résoudre la crise des déchets, se sont multipliées au Liban, en prélude à une grande manifestation prévue samedi prochain.
Les activistes de la société civile libanaise ont investi les réseaux sociaux, pour diffuser à grande échelle leurs revendications et leurs slogans. La campagne «vous puez», la première du genre, a été à l’origine de plusieurs manifestations devant le siège du gouvernement libanais, au centre de Beyrouth.
D'autres protestataires ont lancé, de leur côté, la campagne «Bedna n’hasseb» [nous voulons que vous rendiez des comptes]. D’autres, encore, appellent à la mobilisation sous le slogan lapidaire «tous à la rue», en un appel direct et sans fioritures, à la mobilisation, pour la manifestation de samedi.
Si les appels et les dénominations se sont multipliés, sur les réseaux sociaux, en général, et sur Twitter et Facebook en particulier, ils ont en commun un mot d’ordre : Drainer le plus grand nombre de citoyens à la manifestation de demain, samedi.
Les campagnes en question ne se limitent pas à la capitale, Beyrouth. Les activistes se mobilisent également dans la ville de Tripoli dans le nord du pays, et dans la province d’Akkar.
Les activistes se plaisent à clamer, à longueur de pages, sur Facebook, qu'«après le 29 août, rien ne sera plus comme avant». Des militants affirment ainsi que ce «sera un jour historique pour le mouvement populaire», soulignant, toutefois, «prier nuit et jour pour éviter que les manifestations ne provoquent le chaos, et dégénèrent en affrontements avec les forces de sécurité».
De son côté, Asaâd Dhebian, militant de la campagne «Vous puez», a déclaré à Anadolu : «Ce sera une journée charnière», affirmant que «la mobilisation se poursuivra jusqu’à ce que les demandes soient exaucées», exhortant les services de sécurité à «protéger les manifestants».
Quant à la multitude des campagnes et à la foule des dénominations, il a indiqué qu’il s’agit d’un «phénomène sain», confirmant que «les organisateurs coordonnent leurs efforts pour faire face à la classe politique corrompue».
Le gouvernement libanais avait décidé, jeudi, «d’annuler les résultats de l’appel d'offres concernant la collecte des déchets», en raison des «prix élevés exigés par les entreprises qui l’ont remporté».
Des activistes de la société civile accusent les autorités politiques de détenir des parts dans les entreprises qui ont remporté l'appel d'offres du gouvernement, faisant allusion à l'absence de «transparence».
La capitale libanaise assiste, depuis le 22 août dernier, à des manifestations massives exigeant une solution à la crise des déchets accumulés dans la capitale, et appellant à mettre fin à la corruption.