Nadia Chahed
31 Octobre 2019•Mise à jour: 31 Octobre 2019
AA/Niamey/Illa Kané
Le premier ministre nigérien Brigi Rafini a annoncé, mercredi soir, l’ouverture d’un dialogue entre le pouvoir et l’opposition.
Rafini s'exprimait dans une déclaration diffusée mercredi soir par la télévision d'Etat.
"Après consultations, les leaders politiques ont convenu de relancer le dialogue politique dans un sursaut patriotique, estimant que le pays fait actuellement face aux défis qui commandent une union sacrée des citoyens nigériens", a-t-il expliqué devant des représentants des partis au pouvoir, de l’opposition et d'indépendants.
Il a précisé à l'occasion que chacun des trois groupes politiques sera représenté au dialogue par dix membres, auxquels s’ajouteront cinq représentants des centrales syndicales des travailleurs et trois représentants de la société civile.
Le Système des Nations unies, l’Union européenne et l'Institut Démocratique national (NDI) seront présents comme observateurs, a-t-il ajouté.
Evoquant l’ordre du jour du dialogue, le premier ministre a indiqué qu’il portera, principalement, sur les prochaines élections, la composition de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le fonctionnement du Conseil national de dialogue politique (CNDP) et l’accès équitable des partis politiques, syndicats et associations aux médias publics.
"Nous sommes partants pour le dialogue", a indiqué Soumana Sanda, coordonnateur régional de Niamey du "Front pour la restauration de la démocratie et la défense de la République (FRDDR)", un des fronts de l’opposition nigérienne, dans une déclaration à Anadolu.
Il a ajouté que l’opposition attend des gestes forts d’apaisement de la part du pouvoir, sans en faire des préalables à sa participation au dialogue.
L’opposition demande, entre autres, la cessation des "harcèlements" à l'encontre de ses membres et la révision de la législation sur les manifestations.
L’annonce du dialogue intervient au lendemain de la création, par les quatre fronts de l’opposition nigérienne d’une "plateforme" pour exiger, entre autres, la tenue d’élections "transparentes" en 2020 et 2021 et une meilleure gestion de la sécurité.
Dans une déclaration conjointe publiée mardi, le Front démocratique et républicain (Fdr), le Front pour la restauration de la démocratie et la défense de la République (Frddr), le Front de l’opposition indépendante (Foi) et le Front patriotique (Fp, ont évoqué "une insécurité grandissante qui menace gravement l’intégrité du territoire national" et des intention d'imposer "un code électoral taillé sur mesure".
Depuis les élections présidentielles de 2016, remportées par le président sortant Issoufou Mahamadou, les rapports entre l’opposition et le pouvoir sont devenues conflictuels.
Ces rapports se sont dégradés ces derniers temps, avec le vote d’un nouveau code électoral et la mise en place d’une commission électorale pour les élections locales, législatives et présidentielles de 2020 et 2021.
L’opposition continue à rejeter le code électoral qui exclut de toute compétition électorale son chef de file Hama Amadou, sur fond de sa condamnation à la peine d’un an de prison ferme dans le cadre de l’affaire dite de trafic des bébés du Nigeria.
Elle refuse aussi de déléguer des représentants à la commission électorale nationale, qu'elle accuse d’être majoritairement composée de personnalités proches du pouvoir. A l’issue de la présidentielle de 2021, le Niger devra se doter d'un nouveau président.
L’actuel chef d'Etat, Issoufou Mahamadou, a promis qu’il ne se représentera pas à la fin de son second et dernier mandat constitutionnel.