Lassaad Ben Ahmed
27 Novembre 2017•Mise à jour: 27 Novembre 2017
AA/Niamey/Kané Illa
La société civile nigérienne a exprimé lundi sa déception face à l'adoption, dimanche par l'Assemblée nationale, de la loi de finances 2018, a appris Anadolu auprès de sources de la société civile.
Réagissant dans une déclaration sur sa page facebook Ali Idrissa, coordonnateur du réseau des organisations pour la transparence et l’analyse budgétaire (Rotab-Niger) a qualifié cette nouvelle loi d'"antisociale".
« Il nous appartient maintenant de montrer que nous pouvons passer de l'indignation à l'action", a réagi par le même canal Moussa Tchangari, secrétaire général de l’Association Alternative Espaces Citoyens (AEC).
"Nous avions pensé que les députés avaient compris nos protestations antérieures pour ne pas voter ce projet de loi de finances. Ils viennent de nous donner la preuve du contraire. Nous allons nous concerter et nous allons prendre notre destin en mains, comme nous l’avions fait par le passé", a déclaré à Anadolu Maïkoul Zodi, président du "Mouvement des jeunes révolutionnaires" (MJR).
Contacté par Anadolu, le secrétaire général de la Confédération nigérienne du travail (CNT) Mounkaïla Halidou n'a pas caché sa déception suite au vote du projet de loi de finances.
"C’est avec indignation que nous avons suivi l'adoption de la loi de finances 2018. Nous avons pensé que les députés allaient mettre en avant l'intérêt du peuple nigérien. Hélas ils ont voulu faire le jeu politique", s’est-il indigné.
"C’est un défi qui vient d’être lancé au peuple nigérien. Il est évident que dans les tous prochains jours, la rue va nous départager et nous sommes convaincus que le peuple va relever le défi", a-t-il prévenu.
Le Rotab-Niger, l’association AEC, le MJR et la CNT font partie des principales organisations de la société civile nigérienne opposée à la nouvelle loi de finances, qui comporte, selon eux, des mesures «antisociales».
A l’appel de ces organisations, des milliers de personnes étaient sorties manifester, dimanche 29 octobre dernier, dans les rues de Niamey. Ces manifestations avaient été dispersées par la police et se sont accompagnées de violents heurts entre manifestants et forces de l’ordre. 23 policiers avaient été blessés dans ces manifestations, selon un bilan établi par le ministère nigérien de l'Intérieur.
Dimanche, l’Assemblée nationale a voté le projet de loi de finances controversé, avec 133 voix pour, 29 contre et une abstention.
Ce projet s’élève à 1900,86 milliards de FCFA (3,456 milliards de dollars), contre 1855,36 milliards de FCFA (3, 374 milliards de Dollars) pour celui de 2017, soit une augmentation de 45,50 milliards de FCFA (environ 83 millions de dollars).