Mona Saanouni
27 Novembre 2017•Mise à jour: 27 Novembre 2017
AA/Tunis/Karim Bouali
La Direction Générale des Prisons et de la Rééducation, relevant du ministère tunisien de la Justice, a annoncé, lundi, que 80 individus, détenus dans des affaires de terrorisme, ont observé une grève de la faim dans l’un des établissements pénitentiaires du pays «refusant de se soumettre aux lois de la prison».
Le porte-parole de la Direction, Sofien Mezghich, a déclaré, lundi lors d’une conférence de presse tenue au siège de la Direction dans la capitale Tunis, que 80 détenus dans des affaires de terrorisme ont décidé d'observer une grève de la faim, depuis mardi dernier, dans la prison de Mornaguia (près de la capitale).
Mezghich a ajouté que la grève intervient en guise de «refus de la loi et du non-respect des règlements en vigueur dans la prison».
Dans des déclarations médiatiques après la conférence, Mezghich a souligné que «les grévistes veulent imposer leur influence, ne respectent pas la loi et le règlement intérieur de la prison, et refusent de résider à l'intérieur de leurs cellules».
«La remise de ces détenus dans leurs chambres est soumise à une classification selon l’intensité du danger des accusations à leur encontre, leur comportement, les mesures de la lutte antiterroriste et l’idéologie extrémiste violente, dans le cadre de la stratégie nationale mis en place en Tunisie et dans ses institutions pénitentiaires », a-t-il poursuivi.
Il a souligné «l’existence de cas de torture isolés (non réglementés), sans identifier leur nombre ni leurs auteurs, se contentant de dire «qu’ils sont en train de les traiter juridiquement de la part du ministère de la justice et du Conseil d’honneur (conseil de discipline interne) de la Direction des Prisons et de la Rééducation ».
De son côté, l’avocat Anouar Oulad Ali, président de l’Observatoire des Droits et Libertés (indépendant), a déclaré à Anadolu que «la grève de la faim observée par les centaines de détenus est due à la torture et à la privation de leurs droits fondamentaux, tels que la promenade, le sport, la prière en groupe, tout en les forçant à se raser les barbes».
Selon les données de la Direction des Prisons et de la Rééducation, les prisons tunisiennes abritent «plus de 1500 prisonniers dans les affaires de terrorisme, tandis que le ministère tunisien de l’Intérieur a renvoyé à la justice 831 suspects dans les affaires de terrorisme, et ce au cours des 7 premiers mois de 2017.
Il existe en Tunisie 27 unités de prison et 5 centres de Rééducation, qui comptent 19 mille lits, tandis que le nombre total des détenus atteint près de 20 milles personnes, selon des données de la Direction des Prisons et de la Rééducation tunisienne.