Mohamed Hedi Abdellaoui
24 Mars 2016•Mise à jour: 24 Mars 2016
AA/Niamey/Illa Kané
La soixantaine de députés élus de l’opposition a boycotté, jeudi, la cérémonie officielle d’installation de la nouvelle Assemblée nationale du Niger et appelé à de nouvelles élections, a constaté, jeudi, le correspondant d'Anadolu.
Seuls les députés membres des partis politiques soutenant le président Issoufou Mahamadou ont assisté à cette cérémonie organisée au Palais des congrès de Niamey, en présence des membres du Gouvernement et de quelques représentants du corps diplomatique.
Dans une déclaration publiée le 22 mars, l’opposition réunie au sein de la Coalition pour l’Alternance (COPA 2016) avait réitéré son refus de reconnaître les résultats des élections législatives et le premier tour de la présidentielle du 21 février, ainsi que ceux du second tour de la présidentielle du 20 mars, ayant consacré la réélection du président sortant Issoufou Mahamadou.
«Les choses sont très claires : ce jour 22 mars 2016, nous sommes au jour J-9. Dans neuf (9) jours, notre pays n’aura plus de président légitime. Aucun artifice juridique ne nous fera reconnaître les faux résultats concoctés, d’un scrutin tortueux. Personne ne nous fera accepter une mascarade électorale dans laquelle l’expression de la volonté populaire, la vérité et la justice sont défigurées», avait dit la COPA dans sa déclaration.
«A partir du 2 avril 2016, la COPA revendiquera la légalité républicaine au nom de la souveraineté populaire. Le mandat du président Issoufou s'achevant le 1er avril 2016 à minuit», avait-elle menacé sans préciser la nature d’actions qu’elle compte mettre en oeuvre à partir de cette date.
Elle a aussi demandé à la communauté internationale de faciliter l’instauration d’un climat de dialogue politique «sincère et apaisé entre toutes les parties afin de faciliter une transition politique, permettant d’organiser de nouvelles élections démocratiques, libres, crédibles, légitimes, transparentes et honnêtes».
Pour de nombreux observateurs de la scène politique nigérienne, la situation risque d’évoluer vers la mise en place d’un gouvernement parallèle par l’opposition.
La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a proclamé, mardi, les résultats globaux provisoires du second tour de l’élection présidentielle. Le Président sortant Issoufou Mahamadou avait été déclaré réélu avec plus de 92% des suffrages, contre un peu plus de 7% pour le candidat de l’opposition Hama Amadou qui avait appelé ses partisans à boycotter le scrutin.