Esma Ben Said
11 Mai 2018•Mise à jour: 12 Mai 2018
AA/Niamey/Kané Illa
Quelque 140 demandeurs d’asile soudanais ont été reconduits de la région nigérienne d’Agadez (Nord) à la frontière libyenne, ont rapporté vendredi les médias locaux.
«Ils ont été pris il y a quelques jours lors d’une rafle et, sur instruction des autorités locales, reconduits à la frontière avec la Libye pour raisons de sécurité», a rapporté le journal «Aïr-Info d’Agadez».
S’exprimant dans le même média, au sujet de la polémique suscitée par l’expulsion de ces 140 soudanais, le maire de la ville d’Agadez Rhissa Feltou a indiqué que son administration assumait sa décision, précisant que celle-ci a été prise «pour la quiétude» des populations autochtones.
«Notre solidarité et hospitalité avec les peuples africains demeure toujours forte et intacte», s’est-il défendu. D’après le journal régional, près de deux mille ressortissants soudanais et tchadiens résident à
Agadez, en attente d’un titre de réfugié.
«Laissés à eux-mêmes, ils n'hésitent pas à chercher un mieux-être en s'adonnant à des actes répréhensibles dans la ville. Ce qui irrite les populations locales qui avaient à plusieurs reprises alerté les autorités», a révélé le média.
Située à l’entrée du désert du Sahara, la région d’Agadez est devenue, depuis plusieurs années, une véritable passoire des migrants africains voulant rejoindre l’Europe, en passant par certains pays du Maghreb.
En 2016, de concert avec certains pays européens, le Niger a engagé une lutte contre le phénomène de l’émigration clandestine, en instituant des patrouilles de police permanentes sur les frontières algérienne et
libyenne.
En 2017, le Niger et l’Union européenne ont convenu d’installer des «hot spots» dans la région d’Agadez, en vue d’examiner sur place les demandes d’asile des migrants africains désirant se rendre en Europe.