AA - Strasbourg - Bilal Muftuoglu
"L'Europe n'est pas bien équipée pour résoudre le flux des réfugiés", a estimé le commissaire européen aux affaires intérieures, Dimitris Avramopoulos, alors que la Commission européenne annonce un nouveau plan de répartition des réfugiés.
Le commissaire Avramopoulos, rejoint mercredi à Strasbourg par le Haut Représentant de l'Union pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini et Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne, est revenu sur le mécanisme permanent de répartition, dévoilé dans la matinée par le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, le jugeant comme un outil qui comble la lacune de la réglementation européenne en matière des réfugiés.
"Nous ne tournons pas le dos aux Etats membres", a lancé de son côté, Timmermans, lors du point de presse conjoint, face aux critiques de certains pays européens sur l'accueil des nouveaux réfugiés et la répartition équitable de ceux séjournant actuellement en Grèce, en Italie et en Hongrie.
Le vice-président de la Commission a par ailleurs fustigé la velléité de certains Etats membres à refuser davantage de réfugiés dans leurs territoires, et de se concentrer en contrepartie sur le financement du mécanisme de répartition. En effet, selon le plan introduit par la Commission, les Etats membres de l'UE pourront se désengager temporairement du mécanisme de l'accueil des réfugiés s'ils acceptent de financer d'autres pays accueillant eux de nouveaux migrants.
"Il ne s'agit de choisir les réfugiés en fonction de leur ethnicité ou de leur religion...[Ce désengagement] doit être accompagné des raisons objectifs", a insisté Timmermans.
D'autre part, alors que les membres de la Commission européenne animaient le point de presse pour justifier le nouveau mécanisme, le Conseil de l'Europe a publié une déclaration dans laquelle il a qualifié les politiques migratoires de l'UE d'"inadaptées".
"La crise actuelle démontre clairement que les actuels instruments et procédures politiques et institutionnels, y compris le Règlement de Dublin sur lequel se fondent les politiques d'asile de l'Union européenne, sont inadaptés", a tranché la Commission des migrations, des réfugiés et des personnes déplacées de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), réunie mercredi à Paris.
Le Conseil de l'Europe a ainsi appelé l'Europe à élaborer une "réponse commune et globale", qui serait "conforme aux obligations inscrites dans le droit international".
Selon le nouveau plan dévoilé par la Commission, les Etats européens sont tenus d'accepter 60% des 160 000 réfugiés, séjournant actuellement en Grèce, en Italie et en Hongrie, soit quatre fois plus que le chiffre proposé deux mois auparavant.