AA/Abidjan/Fulbert Yao
Le parti présidentiel ivoirien Rassemblement des républicains (RDR) a prévenu, mercredi, l'opposition qu'elle aura à assumer ses «responsabilités» en cas de «dérives» lors de manifestations prévues jeudi, sur le territoire, pour exiger la prise en compte de ses revendications avant la tenue de la présidentielle du 25 octobre.
«Il faut que ceux qui appellent à ces manifestations sachent qu’ils auront à répondre de leurs responsabilités directes ou indirectes de ce qui pourrait se passer si des dérives survenaient lors de la mise en œuvre de leurs projets de marches éclatées», a déclaré le porte-parole du RDR, Joël N'Guessan, dans un communiqué dont Anadolu a reçu copie.
Une partie de l’opposition réunie au sein de la Coalition nationale pour le changement (CNC) a appelé en début de semaine, ses militants à occuper la rue, jeudi, pour exiger la prise en compte de ses revendications avant la tenue de l'élection présidentielle du 25 octobre.
Ces revendications portent notamment sur la mise en place d'une commission électorale «équilibrée et réellement indépendante», une liste électorale «consensuelle et acceptée de tous», la liberté d'opinion et d'expression et l'accès de tous les partis aux médias d'Etat.
Réagissant à ces "menaces", le président sortant Alassane Ouattara avait soutenu que «la chienlit ne sera pas tolérée», ni pendant la campagne ni pendant le scrutin, faisant toutefois savoir qu’il était «ouvert au dialogue».
De son côté, une faction du Front populaire ivoirien (FPI-opposition), le parti de l'ex-chef d'Etat Laurent Gbagbo, a appelé, lundi dernier, à des manifestations en cas de validation, jeudi, de la candidature de Ouattara, jugée inéligible, pour la présidentielle d’octobre prochain.
Les opposants «radicaux» estiment en effet, que l'actuel président, candidat à sa réélection n’est pas éligible au regard de la Constitution, notamment en son article 35, -les "frondeurs" reprochent à Ouattara "sa nationalité douteuse" (Ses détracteurs assurent qu’il est burkinabé).
Lundi, le ministre ivoirien de l’Intérieur et de la sécurité, Hamed Bakayoko, a prévenu pour sa part « les anti-Ouattara qui s’agitent à perturber la présidentielle prochaine que les moyens seront mis en place pour un scrutin sécurisé et apaisé».
Mercredi, le conseil constitutionnel va rendre publique la liste définitive des candidats retenus pour la présidentielle, sur les 33 candidatures en lice.
La tension est palpable à un mois et demi de la présidentielle, reconnaissent les observateurs, qui craignent qu’un scénario semblable à 2010, où un différend électoral avait débouché sur une crise ayant fait 3.000 morts selon l’ONU, puisse se répéter.