AA/ Abidjan (Côte d'Ivoire)/ Fulbert Yao
La Côte d’Ivoire et le groupe pétrolier américain Anadarko ont signé un contrat de partage de production de pétrole (CPP) dans une zone offshore que se disputent Abidjan et Accra
Selon un communiqué du ministère ivoirien du pétrole, l’accord a été paraphé par le ministre ivoirien du petrole Adama Toungara et le Manager West and South Africa d’Anadarko, après plusieurs mois de négociation.
Aucune réaction officielle ghanéenne n'a encore été enregistrée jusqu'à vendredi midi.
Le contrat de partage de production de pétrole porte sur le bloc CI- 527 de 1038 km2, situé en eaux profondes de l'océan Atlantique, au sud d’Abidjan. Sa mise en œuvre est prévue à partir de décembre 2015, précise le texte.
Pour la première période d’exploitation de ce bloc, de trois ans, la sismique 3D étant déjà faite, Anadarko réalisera un forage d’exploration, pour un investissement minimum global de 30 millions de dollars US.
Le consortium du nouveau Contrat de Partage est détenu par Anadarko (90%) et la société pétrolière ivoirienne : PETROCI (10%).
Le Groupe pétrolier Anadarko est actuellement opérateur dans trois autres blocs, tous en eau profonde.
Depuis 2007, le Ghana et la Côte d’Ivoire se divisent sur le tracé de leur frontière maritime, qui traverse un gisement de pétrole offshore que les deux voisins souhaitent exploiter et dont une partie a fait l'objet du contrat signé.
Le contrat de vendredi a été signé en dépit de la décision prise le 25 avril par le Tribunal international du droit de la mer (TIDM), installé à Hambourg en Allemagne, d'interdire provisoirement le forage dans de nouveaux puits de pétrole dans la zone contestée.
Dans son arrêté, le tribunal ne s’est pas prononcé sur le fond de l’affaire et il doit trancher de façon définitive sur le litige frontalier en 2017.
La Côte d’Ivoire essaie d’attirer les compagnies pétrolières dans ses eaux en vue de mener des prospections pour ainsi augmenter sa production.
En 2014 la production pétrolière quotidienne de la Côte d'Ivoire était située autour de 60.000 barils par jour. Le pays ambitionne, cependant, de porter sa production graduellement à 100.000 barils puis à 200.000 barils par jour d'ici 2020, d'après le ministère du Pétrole et de l'Energie.
Le Ghana qui partage de longues frontières avec la Côte d’Ivoire, s’est lancé depuis 2010 dans la production de pétrole à grande échelle à partir de gisements offshore.
Lesquels gisements sont considérés comme les plus importants découverts en Afrique de l’Ouest depuis 10 ans et exploités par Lukoil et son partenaire américain Vanco.
Selon les estimations des experts, les deux pays se partagent des frontières qui abritent un gisement énergétique d’environ 2 milliards de barils de réserves de pétrole et 1,2 billions de pieds cubes de gaz naturel.
La production d'hydrocarbures du Ghana voisin est estimée actuellement à un peu plus de 100.000 barils par jour.