AA/Abidjan/Fulbert Yao
Des manifestations sporadiques de jeunes opposants ivoiriens, qui réclament des élections présidentielles "transparentes" en Côte d'Ivoire, ont été dispersées, jeudi dans les rues d'Abidjan, a appris Anadolu, auprès de témoins oculaires.
Quelques dizaines de ces jeunes ont ainsi occupé les rues de plusieurs communes de la capitale économique ivoirienne avant d’être rapidement dispersés par les forces de l’ordre,ont indiqué des témoins oculaires à Anadolu.
A Yopougon (commune pro-Gbagbo dans le Nord-Ouest d'Abidjan), des jeunes ont érigé des barricades, bloquant l’accès des voies aux véhicules, mais ces barricades ont aussitôt été levées par les forces de l’ordre, selon des habitants joints au téléphone.
Dans la commune du plateau (centre) où la situation est plutôt calme, les forces de l’ordre ont été déployées en prévision de débordements, et sont surtout présents devant le siège du conseil constitutionnel pour empêcher les jeunes d'atteindre le batiment, a confirmé à Anadolu une source policière ivoirienne.
A Marcory (sud) des jeunes ont également érigé des barricades et incendié des pneus avant d'être dispersés par des éléments de la police nationale, selon d'autres témoins.
Une frange de l'opposition politique réunie au sein de la Coalition nationale pour le changement (CNC) avait appelé récemment ses militants à occuper la rue ce jeudi sur l'ensemble du territoire national pour réclamer des discussions avec le gouvernement en vue d'élections "transparentes, démocratiques, équitables et apaisées" et du "respect de la Constitution".
De son côté, une faction du Front populaire ivoirien (FPI-opposition), le parti de l'ex-chef d'Etat Laurent Gbagbo, a appelé également, lundi dernier, à des manifestations en cas de validation, de la candidature de Ouattara, jugée inéligible, pour la présidentielle d’octobre prochain.
Les opposants «radicaux» estiment en effet, que l'actuel président, candidat à sa réélection n’est pas éligible au regard de la Constitution, notamment en son article 35, -les "frondeurs" reprochent à Ouattara "sa nationalité douteuse" (Ses détracteurs assurent qu’il est de mère burkinabé).
La Côte d'Ivoire s'apprête à organiser l'élection présidentielle, un scrutin crucial après la crise postélectorale qui a secoué le pays en 2010 – 2011 et qui a fait près de 3000 morts selon l’ONU.
10 candidats dont le président sortant Alassane Ouattara et son principal opposant Pascal Affi N'Guessan (candidat du FPI) ont été déclarés aptes, mercredi soir, à participer au scrutin par le Conseil constitutionnel.
Mais la tension est palpable au sein des classes politiques, l’opposition remettant d’ailleurs en cause la composition de la Commission électorale indépendante (CEI), structure chargée d'organiser les élections en Côte d'Ivoire, qu'elle juge "déséquilibrée" au profit du président Alassane Ouattara.
Lors d'une récente adresse à la nation, le président ivoirien Ouattara a assuré pour sa part que l'élection présidentielle d'octobre « sera transparente et sécurisée. »