AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Le Royaume-Uni et la France ont décidé de renforcer leur coopération dans la ville portuaire de Calais (nord de la France) pour entraver le flux des migrants qui tentent de traverser la Manche, ont annoncé les ministères de l'Intérieur des deux pays.
Paris et Londres ont annoncé les premiers détails d'un nouvel accord qui devrait être signé jeudi dans l'après-midi entre les ministres de l'Intérieur français et britannique, Bernard Cazeneuve et Theresa May, à l'occasion de leur déplacement à Calais. Les deux pays prévoient ainsi la mise en place d'un centre conjoint de contrôle dans cette ville devenue le point de passage principal des migrants vers le Royaume-Uni.
Ce centre sous contrôle des officiers français et britanniques aura pour objectif de trouver et de démanteler "les membres du crime organisé qui tentent de faire passer en contrebande des migrants vers le nord de la France et à travers la Manche", a fait savoir le ministère britannique, dans son communiqué.
Le nouveau plan devrait par ailleurs permettre de renforcer la présence des policiers français à Calais et sur le site du Tunnel sous la Manche, sous le financement britannique. Les échanges entre Paris et Londres depuis le début de l'été avaient amené le Royaume-Uni à investir 10 millions d’euros supplémentaires dans la sécurisation du tunnel et au long de la Manche.
La rencontre entre May et Cazeneuve, qui fait suite à leur entretien tenu fin juillet à Londres sur la crise des migrants, devrait inclure la visite du site de l'Eurotunnel, la compagnie qui exploite la ligne ferroviaire sous la Manche et celle du centre d'accueil Jules Ferry.
Cazeneuve devrait ensuite se rendre à Berlin pour rencontrer son homologue allemand, Thomas de Maizière, sur la question de la politique migratoire en Europe, a fait savoir le ministère français.
La maire de Calais, Natacha Bouchart, (les Républicains), avait réclamé mercredi une indemnisation de 50 millions d'euros à la France et à la Grande-Bretagne, pour le préjudice qu'a subi sa ville depuis 15 ans.
"Si aujourd'hui on est capable de mettre un euro dans la sécurité et un euro dans l'humanité, on est capable de mettre un euro au niveau de l'économique", avait-elle déclaré lors d'une conférence de presse.
D'autre part, Eurotunnel, qui annonce avoir intercepté 37 000 migrants en train d'accéder au tunnel, avait aussi réclamé en juillet dernier 9,7 millions d'euros d'indemnité auprès des gouvernements français et britannique, pour ses frais de sécurité supplémentaires.