AA - Londres - Tuncay Çakmak
La campagne citoyenne menée en Grande-Bretagne pour l’arrestation du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, lors de sa prochaine visite officielle prévue le mois prochain à Londres, a recueilli plus de 80 000 signatures à ce jour.
La campagne, initiée par le programmeur Damian Moran et inscrite dans la liste des campagnes du site officiel du parlement britannique, revendique, auprès du gouvernement, l’arrestation de Netanyahou, accusé de crimes de guerre à Gaza en juillet 2014.
La pétition a obtenu jusqu'à lors 81 544 signatures. Les initiateurs de la campagne, expliquent les raisons qui motivent cette initiative: «Netanyahou viendra à Londres en Septembre pour des rencontres officielles. Selon le droit international, Netanyahou est coupable d’avoir tué plus de deux mille Palestiniens l’an dernier. C’est pourquoi il doit être interpellé lors de son arrivée au Royaume-Uni.»
Dans le cas où plus de 100 000 citoyens anglais ou résidents dans le pays auront signé cette pétition, le parlement aura à débattre de la soumission ou non du texte devant la chambre des députés.
Certains activistes anglais estiment que, même dans le cas où la campagne atteindrait le nombre suffisant de signatures, le gouvernement britannique l’ignorerait.
Pour Damian Moran, cette campagne vise à attirer l’attention de l’opinion sur les crimes survenus l’année dernière à Gaza.
«Les hommes politiques britanniques et le Premier ministre, David Cameron, soutiennent Israël, a-t-il déclaré. Il existe des accords commerciaux militaires entre les deux pays. Le gouvernement ne peut répondre clairement sur la probabilité que des armes de fabrication anglaise n’aient pas été utilisé par Israël contre les Palestiniens à Gaza. Je veux juste que certaines questions trouvent leurs réponses.»
Selon Moran, il est peu probable que le texte arrive devant le parlement, compte-tenu des bonnes relations entre les deux pays.
Des organisations de la société civile, telles que «Stop the War Coalition», appellent à soutenir la campagne, même si le gouvernement pourrait ne pas en tenir compte.
D’autre part, selon la loi britannique, le gouvernement est tenu de répondre aux campagnes inscrites dans le site du parlement, dès lors qu’elles obtiennent plus de 10 000 signatures.
Voici la réponse du gouvernement :
«Les dirigeants des pays étrangers en visite officielle au Royaume-Uni, comme le Premier ministre Netanyahou, sont protégés par une immunité diplomatique. Ces personnes ne peuvent être interpellées ou arrêtées. Nous sommes conscients des nombreux morts à Gaza l’année dernière. Comme l’a exprimé le Premier ministre Cameron, nous sommes tous profondément touchés par la violence dans la région. L’Angleterre se trouve en premières positions de l’aide internationale pour la reconstruction de Gaza. Cependant, le Premier ministre Cameron a toujours été très clair au sujet du droit d’Israël à se défendre de manière proportionnelle à la menace, dans les limites du droit international.»
Par le passé, des campagnes similaires avaient obligé certains dirigeants israéliens à annuler leurs visites, sous la menace de mandats d’arrêt lancés par des tribunaux britanniques.
En 2009, la ministre israélienne des Affaires étrangères de l’époque, Tzipi Livni, accusée de crimes de guerre perpétrés en 2008, avait dû annuler sa visite à Londres.
C’est seulement en 2011, après une immunité accordée par le gouvernement de coalition entre les Libéraux démocrates et les Conservateurs, que Livni avait pu se rendre à Londres.
Lors de leur rencontre en septembre prochain, Netanyahou et son homologue britannique, David Cameron, devraient aborder des sujets comme l’accord sur le nucléaire iranien et la situation des négociations entre Israéliens et Palestiniens.