AA - Strasbourg - Bilal Muftuoglu
L'Union européenne (UE) devrait coopérer avec les régimes de Bachar al-Assad et d'Abdel Fattah al-Sissi pour arrêter le flux des migrants depuis le Moyen-Orient vers l'Europe, a estimé la présidente du Front national (FN) Marine Le Pen.
Dans son point de presse, tenu au Parlement européen, simultanément avec le discours du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, sur le nouveau mécanisme de répartition des réfugiés, Le Pen a accusé l'UE, de concert avec les Nations unies (ONU) d’"organiser sciemment la submersion migratoire de l’Europe".
"J’accuse les défenseurs de Schengen d’avoir fait de l’Europe l’endroit du monde le plus ouvert à l’immigration mondiale", a encore estimé la présidente du parti d'extrême-droite, lors de sa conférence, en présence des membres de son groupe politique au Parlement, l'Europe des Nations et des Libertés. Elle a appelé à cet égard la Commission européenne à mettre en priorité les citoyens de l'UE, confrontés à "la pauvreté et au chômage", plutôt que de se concentrer sur les réfugiés.
Le Pen a par ailleurs qualifié l'accord par l'Allemagne de 800 000 statuts d'asile de "scandaleux", tout en accusant la chancelière allemande Angela Merkel d"imposer" son modèle au reste du continent.
La présidente du FN a aussi estimé que ses positions contre l'accueil des réfugiés sont soutenues par la majorité des Français. "En France, malgré l’offensive médiatique sans précédent, 55% des Français suivent nos positions concernant les migrants", a-t-elle noté.
Selon Le Pen, ce serait le président français François Hollande et ancien président Nicolas Sarkozy qui ont déclenché le flux migratoire depuis la Syrie, l'Irak et la Libye, avec leurs politiques interventionnistes dans ces pays.
Interrogée par Anadolu sur ses propositions quant à l'arrêt du flux migratoire depuis le Moyen-Orient, Le Pen a soutenu qu'il faudrait coopérer avec les régimes syrien et égyptien, le dernier étant selon elle, "le seul régime capable de combattre le radicalisme dans la région".
Les embargos internationaux sur les armes, actuellement imposés à l'encontre du gouvernement de Tobrouk en Libye, soutenu par al-Sissi, devraient être levés, a finalement noté Le Pen.