AA / Tunis / Esma Ben said
L’épidémie de virus Ebola qui frappe l’Afrique de l’Ouest, « peut être arrêtée si des mesures concrètes sont prises collectivement », a estimé l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), devant onze ministres africains, réunis en urgence mercredi et jeudi, au Ghana.
Cette réunion vise à déployer un plan de riposte pour faire face à cette crise majeure, indique un communiqué publié sur le site de l'organisation des Nations Unies.
«Votre leadership est essentiel pour s'assurer que les mesures de prévention et de confinement soient effectivement mises en œuvre dans vos pays. À cette fin, je tiens à souligner la nécessité de redéployer des ressources humaines et à réaffecter des fonds pour faciliter les opérations dans les communautés touchées », a déclaré le Directeur régional de l'OMS pour l'Afrique, Dr Luis Gomes Sambo, s’adressant aux 11 ministres africains de la santé, réunis mercredi, à Accra, capitale Ghanéenne, rapporte le texte de l'ONU.
Selon le Directeur régional de l'OMS, la poursuite de la propagation du virus Ebola lors de cette épidémie est due, entre autre, «à certaines pratiques culturelles et croyances traditionnelles qui sont contraires aux recommandations en matière de mesures préventives de santé publique. En outre, les vastes mouvements de personnes à l'intérieur et à travers les frontières ont facilité la propagation rapide de l'infection dans les trois pays concernés.»
Dr. Sambo, a ainsi souligné «le besoin impérieux d'informer et d'impliquer les chefs communautaires et religieux ainsi que les leaders d'opinion et d'améliorer la communication entre les gouvernements, les partenaires et les communautés afin de générer des données fiables pour la mise en œuvre de mesures efficaces et pertinentes. Il a également appelé les scientifiques à combler les lacunes en matière de recherche sur la prévention et le contrôle de la maladie à virus Ebola. »
Selon le dernier bilan de l’OMS, publié mardi, l’épidémie de la fièvre Ebola qui sévit en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone, a fait 467 morts sur 759 cas détectés, soit 129 décès de plus que le précédent bilan publié le 24 juin.
C'est en réponse à cette augmentation du nombre de victimes du virus Ebola que l’OMS a convoqué une réunion extraordinaire "d’urgence" des ministres de la Santé de 11 pays africains (Guinée, Liberia, Sierra Leone, Côte d'Ivoire, République démocratique du Congo, Gambie, Ghana, Guinée-Bissau, Mali, Sénégal et Ouganda) ainsi que différents partenaires de l’Organisation, dont des représentants de Médecins sans frontières (MSF).
La réunion qui dure deux jours (2 et 3 juin), est consacrée à l'élaboration d'un "plan complet de riposte opérationnelle inter-pays" afin d’«interrompre dans les plus brefs délais la propagation de la maladie», selon l’OMS.