AA/Niamey/ Boureima Balima
Sur le site de Lazaret, situé à la périphérie Ouest de Niamey, aux lamentations des malades, se mêlent les voix d'un personnel soignant débordé et des coups de marteau des techniciens oeuvrant à l’installation de nouveaux hangars.
Le site, initialement prévu pour accueillir d'éventuels cas d’Ebola, a, finalement, été affecté pour accuellir ceux frappés par la méningite dont le nombre ne cesse d'augmenter depuis le déclenchement de l'épidémie en janvier dernier.
"Nous nous attendons à recevoir beaucoup plus de malades et c’est pour cette raison que nous procédons à des extensions", a précisé à Anadolu Emmanuel Massart, coordonnateur de l’unité "réponse méningite" au sein de l’ONG Médecins sans frontières Belgique (MSF Belgique).
Selon lui, 200 lits sont, actuellement fonctionnels alors que le besoin est estimé à 350.
Un constat que l'image de malades couchés à même le sol sur des nattes en plastique dans la cour du centre ne fait que corroborer.
"Depuis que l'épidémie s'est déclarée, environ 594 personnes ont été reçues dans ce site", note, pour sa part, le Dr Issoufou Djibo, responsable sanitaire dans le district Niamey 3.
Issoufou Djibo précise qu'à la date du 23 avril, "48 décès ont été recensés dans le centre de Lazaret, 281 personnes ont guéri alors que 165 y recoivent encore des soins". Au même moment une campagne de vaccination est menée dans les écoles primaires du pays.
"Pour l’instant ce sont les enfants qui sont concernés par cette campagne car les doses dont nous diposons ne sont pas suffisantes pour faire vacciner toutes les catégories", a précisé le ministre nigérien de la Santé Mano Aghali à l'occasion d'une récente conférence de presse.
Faisant le point sur la situation, Mano Agahali a déclaré, jeudi 23 avril, que la maladie aura fait 129 morts sur 1150 cas enregistrés depuis décembre 2014.
Le gouvernement a, en outre, décidé (le 21 avril) de fermer les établissements scolaires de la ville de Niamey jusqu’au lundi 27 avril afin de d’"éviter les contagions".
Niamey et la région de Dosso (sud-ouest) constituent les principaux foyers de la maladie avec respectivement 608 cas et 74 décès et 256 cas et 25 décès.
Selon le ministre de la santé, les régions enregistrent des souches différentes. «Pour Niamey c’est la W135 qui fait le plus de dégâts tandis qu’à Dosso c’est la souche C. ».
Evoquant la question des besoins, Mano Aghali a indiqué que "le Niger a besoin d’environ 1,2 million de doses de vaccins alors qu'il ne dispose que de 606 mille et 416".