AA/Kinshasa(RDC)/Aurélie Fontaine
L'alinéa 3 de l'article 8 du projet de révision de la loi électorale qui suscite l’hostilité de l’opposition a été retiré selon l’annonce faite par le président de l’Assemblée nationale congolaise réunie en séance plénière de l'Assemblée dimanche.
333 députés sur les 343 que compte l’Assemblée congolaise ont voté pour ce retrait alors que 2 ont voté le maintien et 8 se sont abstenus.
L’alinéa en question stipule notamment que les élections n’auront lieu qu’après un recensement général de la population. Cette condition est vue par l’opposition comme un stratagème du pouvoir pour retarder les échéances électorales initialement prévues en 2016et permettre au président actuel Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà de son mandat.
Des manifestations hostiles à cet alinéa ont fait, entre lundi et jeudi, au moins 42 morts selon la Fédération internationale des droits de l’homme(FIDH), lors d'affrontements entre la police et des manifestants.
" Il y a lieu de se féliciter du consensus républicain qui a été trouvé entre les deux chambres, sur la base de l'option levée par l'Assemblée de retirer purement et simplement l'alinéa 3 de l'article 8 et qui fait l'objet d'un malentendu sémantique. Il est souhaitable que pour l'avenir chaque député sache que sa mission de légiférer et de contrôler s'exerce dans l'hémicycle, pas dans la rue", a déclaré Aubin Minaku, le président de l'Assemblée nationale, avant de clôturer la séance plénière.
L’opposition a accueilli avec satisfaction le vote pour le retrait de l’aliéna controversé." C'est une avancée qu'il faut saluer mais il reste des choses à clarifier, il faut désormais que le calendrier électoral soit publié. Nous n'appelons plus le peuple congolais à manifester demain lundi. Ce retrait du projet de révision de la loi électorale est une victoire du peuple", a déclaré à Anadolu Vital Kamerhe, président UNC Union pour la nation congolaise, parti d'opposition et farouche opposant à Joseph Kabila, le chef de l'état.
Même son de cloche du côté de la société civile." Nous saluons la flexibilité de l'Assemblée nationale, elle a rejoint la voix de la population, déjà empruntée par le Sénat. Maintenant il faut amorcer un climat de dialogue politique, pour redonner confiance, et aussi pour amorcer un processus électoral de manière paisible », a déclaré à Anadolu Jonas Tshiombela, coordonateur de l'ONG La nouvelle société civile congolaise.