AA/Kinshasa/Aurélie Fontaine
La police congolaise a usé, lundi, de gaz lacrymogènes et de tirs de balle en l'air, pour empêcher des centaines de manifestants de rejoindre l'Assemblée Nationale à Kinshasa, afin de dénoncer un projet de loi électorale voté par le régime de Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001.
Plus d'un millier de policiers, dont des membres de la Garde Républicaine, ont ainsi été mobilisés dans la capitale, selon les autorités policières.
Lourdement armés, les policiers ont lancé à plusieurs reprises des grenades lacrymogènes et ont procédé à quelques tirs à balle réelle, en l'air sur les manifestants, qui, en représailles, ont lancé des pierres contre les forces de l'ordre, ont rapporté à Anadolu des témoins oculaires.
Selon une source médicale, un manifestant a été grièvement blessé par baĺle dans ces échanges.
Manifestants et journalistes ont aussi été empêchés d'aller sur l’avenue de l’enseignement, où se trouvent les sièges des partis politiques de l’opposition.
A 4 km de l'université de Kinshasa, située dans le sud de la capitale, des manifestants ont pour leur part, construits des barrages en bois et bloqué les rues à l’aide de pneus. Composés à grande majorité de jeunes hommes, les manifestants ont scandé « non à Kabila (le président Joseph Kabila) Kabila dehors ».
Joint par Anadolu, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mendé a indiqué, que les manifestations sont dispersées au titre de « l'inviolabilité de l'Assemblée Nationale ».
« Les manifestants tentent de venir vers l'Assemblée Nationale, or il est interdit de manifester près du parlement », a-t-il justifié sans donner plus de détails quant à la manière dont sont dispersés ces manifestants.
Le projet de loi électorale validé samedi soir au parlement, mais dont le vote a été boycotté par les députés de l’opposition, indique, entre autres, que l'organisation de la présidentielle, censée avoir lieu en 2016, est conditionnée au recensement de la population lequel "prendrait des années", selon l'opposition, dans un pays grand comme l'Europe de l'Ouest, disposant de peu de routes et en proie à des conflits incessants dans le Nord-Est.
L'opposition et la société civile, accuse Kabila de vouloir en réalité, se représenter pour un troisième mandat, ce qui est interdit par la Constitution, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels.