Ben Amed Azize Zougmore
06 Mai 2026•Mise à jour: 06 Mai 2026
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
La Société des journalistes (SDJ) de France Télévisions a exprimé son opposition à certains noms évoqués pour l’Heure de vérité, la grande émission politique de France 2 dédiée à la présidentielle de 2027, estimant que ces choix pourraient porter atteinte aux principes du service public.
Dans un communiqué publié mardi, la rédaction nationale affirme que « l’information n’est pas une opinion » et souligne que le rôle des journalistes dans une émission politique est de « nourrir le débat sur la base de faits vérifiés », sans porter de positionnement partisan, à l’approche de l’élection présidentielle de 2027.
La SDJ met notamment en cause la possible participation d'Eugénie Bastié, journaliste du quotidien Figaro, par ailleurs intervenante régulière sur CNews, chroniqueuse sur Europe 1, qu’elle qualifie de « polémiste » aux positions assumées, estimant que l’expression d’opinions politiques relève des candidats et non des journalistes chargés d’animer le débat.
De son côté, le député de La France insoumise Thomas Portes estime que la Société des journalistes de France Télévisions a « raison » de dénoncer l’arrivée d’une journaliste « d’extrême droite » sur le service public.
« Le service public n’a pas vocation à recycler les anciens de CNEWS », a-t-il renchéri sur la plateforme X.
La SDJ s’interroge également sur la présence de Marc-Olivier Fogiel, évoquant un potentiel conflit d’intérêts en raison de ses activités actuelles sur RTL et de collaborations envisagées avec d’autres chaînes.
Au-delà des questions éditoriales, la SDJ pointe un contexte budgétaire contraint, marqué par une baisse de la dotation publique, et juge « regrettable » le recours à des personnalités extérieures alors que des compétences existent en interne.
La rédaction appelle ainsi la direction de l’information à privilégier les ressources internes afin de garantir l’indépendance et la crédibilité de l’audiovisuel public.
La direction de l’information à France Télévisions, se défend pour le moment de tout commentaire, estimant que la préparation de l’Heure de vérité, dont la première diffusion est prévue pour la rentrée de septembre, n’est pas finalisée, rapporte le quotidien Libération.