Serap Doğansoy
06 Mai 2026•Mise à jour: 06 Mai 2026
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état dimanche 3 mai de trois décès liés à un foyer d’hantavirus à bord du navire de croisière MV Hondius, qui se dirige vers les Îles Canaries où il devrait accoster dans un délai de trois à quatre jours.
Selon la compagnie Oceanwide Expeditions, le navire reste actuellement ancré au large du Cap-Vert, tandis que l’évacuation médicale de trois personnes est en cours de préparation. Deux d’entre elles présentent des symptômes aigus, tandis que la troisième est un contact étroit d’un passager décédé le 2 mai.
Les patients doivent être transférés vers des structures spécialisées pour des soins et des examens approfondis. Parallèlement, deux médecins spécialisés en maladies infectieuses, dépêchés depuis les Pays-Bas sur recommandation de l’Institut national de santé publique (RIVM), doivent rejoindre le navire, où un médecin est déjà présent à bord.
Un foyer d’infection sous surveillance
L’OMS a recensé sept cas, dont deux confirmés et cinq suspects, parmi les quelque 150 personnes à bord. L’infection, transmise habituellement par des rongeurs, peut provoquer un syndrome respiratoire aigu sévère.
Les autorités sanitaires examinent l’hypothèse d’une transmission interhumaine limitée, notamment liée à la souche dite « Andes », la seule connue pour pouvoir se transmettre entre humains.
Une arrivée aux Canaries sous conditions
Après les évacuations médicales, le navire doit reprendre sa route vers les Îles Canaries, où les autorités espagnoles prévoient des procédures strictes de dépistage, de quarantaine et de désinfection.
La compagnie indique être en coordination étroite avec les autorités nationales et internationales, dont l’OMS, les autorités néerlandaises et plusieurs ambassades, pour définir le port d’arrivée, les conditions sanitaires et le calendrier.
Tensions politiques autour de l’accostage
L’accueil du navire à Tenerife, envisagé par Madrid en raison de ses capacités hospitalières, est contesté par le président des Canaries, Fernando Clavijo, qui a exprimé ses réserves quant à la sécurité sanitaire.
Le gouvernement espagnol défend une décision conforme aux « principes humanitaires » et au droit international, estimant que le Cap-Vert ne dispose pas des infrastructures nécessaires pour traiter les patients.
L’évolution de la situation reste conditionnée aux résultats des évacuations médicales et aux analyses sanitaires en cours, notamment le séquençage du virus et le traçage des contacts.