Büşra Selvi Öğütcen,Tuncay Çakmak
15 Août 2017•Mise à jour: 15 Août 2017
AA - Washington - Tuncay Çakmak
Le Conseil Européen des Rohingyas (ERC) appelle l’Union Européenne (UE), les Nations Unies (ONU) et l’ensemble de la Communauté internationale à agir au Myanmar avant que la communauté musulmane de ce pays d’Asie du Sud-est ne soit "totalement massacrée".
Cet appel de l’ERC survient après la décision du gouvernement d’envoyer le 33ème contingent d’infanterie légère dans la région de Maungdaw, dans la province d’Arakan, majoritairement composée de Rohingyas musulmans.
Hla Kyaw, le Président du Conseil s’est exprimé, mardi, au micro de l’Agence Anadolu.
"Le 33ème contingent d’infanterie est connu pour être le plus dur envers les Rohingyas et pour ses violations répétées des droits de l’homme. Cette décision vise à rendre définitive la présence militaire dans la région et à porter encore plus loin le génocide contre les Rohingyas. L’instabilité en Arakan est instrumentalisée pour renforcer la mainmise de l’armée dans la région", a-t-il affirmé.
Des tensions sont à nouveau apparues en début de mois après l’assassinat de sept paysans à Maungdaw.
"C’est une occasion qu’a saisi les hauts responsables du renseignement militaire", a ajouté Kyaw.
"Il leur fallait un prétexte qu’ils ont eux-mêmes créé. Ensuite, la propagande étatique est intervenue pour accuser les Rohingyas de ces évènements sans même qu’une enquête ou un procès ne soient faits", a-t-il expliqué.
Selon lui, les actes de violences envers les Musulmans d’Arakan vont nettement se multiplier avec la présence de ce contingent militaire.
Il accuse la Ministre des Affaires étrangères du Myanmar, Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la paix, d’être complice des violations des droits de l’homme envers les musulmans du Myanmar.
"Malheureusement, elle partage la même vision que l’armée au sujet des Rohingyas. L’Occident reste silencieux face à notre situation. L’UE, l’ONU et la communauté internationale doivent intervenir pour mettre fin aux violations que nous subissons", a-t-il déclaré.
Le gouvernement du Myanmar a annoncé, samedi, que 500 soldats supplémentaires vont être déployés dans la région de Maungdaw.
Au total 59 civils ont été tués et 33 autres ont été portés disparus depuis que les tensions sont réapparues dans la région.
Le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme de l’ONU a qualifié "d’inquiétante" cette décision du gouvernement du Myanmar.