Gamze Türkoğlu Oğuz,Tuncay Çakmak
27 novembre 2017•Mise à jour: 28 novembre 2017
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Pape François, en visite au Myanmar a rencontré le Général Min Aung Hlaing, celui-là même qui est à la tête des troupes qui mènent les opérations militaires dans la province d’Arakan où sont persécutés la minorité musulmane des Rohingyas.
Un communiqué du Vatican, publié lundi, a indiqué que le souverain pontife a rencontré pendant 15 minutes le Général Min et trois autres responsables de l’armée birmane dans les locaux du Patriarche de Myanmar.
Le communiqué du porte-parole du Vatican Greg Burke fait savoir que le Pape a parlé de la “grande responsabilité” qui pèse sur le dos des autorités birmanes, sans préciser si la question des Musulmans Rohingyas d’Arakan a été soulevée explicitement ou pas.
Burke a également indiqué que le Cardinal Catholique du Myanmar a conseillé au Pape François de ne pas faire usage de l’expression "nos frères Rohingyas".
"Ce conseil a été pris au sérieux mais nous verrons bien, au final ce n’est pas interdit", a-t-il commenté.
La rencontre entre le Pape et le Général Min devait initialement avoir lieu mercredi matin.
Le Général Min dirige les opérations militaires en Arakan, qui depuis le 25 août, ont obligé plus de 620 mille Rohingyas à fuir au Bangladesh voisin.
Le Pape François doit, lors de sa visite, rencontrer la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi avant de se rendre ensuite dans les camps de réfugiés au Bangladesh où vivent les Musulmans Rohingyas.
Les Musulmans d’Arakan subissent des répressions et des massacres perpétrés par des groupes bouddhistes radicaux et l’armée.
Près de 300 villages Rohingyas ont été anéantis et plus de 600 mille Musulmans ont rejoint la Bangladesh.
Dans les années 1970, environ 2 millions de Musulmans vivaient dans cette province du Myanmar. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 350 mille.