AA/Abidjan(côte d’Ivoire)/Clarisse Bolonga
Les audiences publiques de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation(CDVR) ont repris lundi matin à Abidjan, a constaté l’agence Anadolu.
Cinq personnes ont été convoquées pour faire la lumière sur les dommages subis pendant la crise politique qu’a traversée la Côte d’ Ivoire entre 2010 et 2011. Les dommages peuvent remonter aussi aux conflits ethniques vécus dans le pays par le passé.
Selon Marie Paul Kodjo, conseillère chargée de la plateforme de la société civile et des ONG à la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation, interviewée en marge des auditions, ce sont environ 130 personnes qui seront auditionnées en plus des 60.000 auditionnées au préalable. Les personnes choisies représentent des cas emblématiques.
« On ne peut pas prendre tout le monde. On prend des cas emblématiques qui regroupent la typologie de telle ou telle violation. En Côte d’Ivoire, l’agression d’une femme notoirement connue, c’est un cas emblématique », a-t-elle expliqué à Anadolu .
Initialement, les audiences publiques sont prévues sur une durée de deux mois, mais une prolongation est possible. La décision revient au président de la république ivoirienne, Alassane Ouattara.
Au cours des deux mois suivant l’ouverture des audiences publiques, le CDVR a prévu d’organiser des journées sur base thématique. Il y aura notamment des audiences axées sur les violences sexuelles et les violences basées sur le genre et d'autres axées sur les violences subies par les enfants.Ces dernières font l’objet d’auditions privées, tel que prévu dans les cadres légaux internationaux.
Pour écouter les victimes, neuf commissaires centraux et neuf commissaires locaux sont présents en marge du président de la Commission Charles Konan Banny. Ils sont assistés par des représentants des organismes internationaux tel l’UNICEF.
Créée en 2011, la Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR) est chargée de faire la lumière principalement sur les violences post-électorales entre 2010 et 2011 qui ont fait pas moins de 3000 morts. Elle n'a pas, néanmoins, compétence pour traduire les auteurs d'exactions devant les tribunaux, elle en laisse le soin aux instances judiciaires.