Mounir Bennour
10 Mars 2021•Mise à jour: 11 Mars 2021
AA / Istanbul
Un site Web américain spécialisé dans la surveillance des activités des entreprises de lobbying et de propagande (groupe de pression) aux États-Unis, a révélé que l'armée birmane avait eu recours à une société dirigée par un ancien responsable des renseignements israéliens pour redorer l'image du Myanmar au niveau mondial, après le coup d'État militaire de début février.
Le site Internet « Foreign Lobby » a déclaré ce mardi que le ministre de la Défense au sein du Conseil militaire du Myanmar, Mya Tun Oo, « avait contracté Ari Ben-Menashe et sa société, Dickens et Madson, à Montréal, pour faire pression sur les États-Unis et d'autres gouvernements. »
Il a expliqué que la mission de l'entreprise se résumait en ce que l’armée du Myanmar a qualifié d’ « aide pour expliquer la situation réelle au Myanmar », et ce, afin d’enrayer les violentes réactions internationales dans le contexte du coup d'État militaire qui a eu lieu le mois dernier.
Le site a également indiqué que la société avait été mandatée, au terme d’un accord signé jeudi dernier, pour faire pression sur le Congrès américain, l'administration du président Joe Biden et les gouvernements de l'Arabie saoudite, des Emirats, d'Israël et de la Russie, en plus des Nations Unies, de l’Union africaine, des organisations internationales et autres organisations non gouvernementales.
Dans le même contexte, « Foreign Lobby » a rapporté les propos de Ben-Menashe qui faisaient savoir que l'accord entre sa société et l'armée du Myanmar s'élevait à un montant de « 2 millions de dollars américains ».
L'armée du Myanmar a eu recours à des entreprises de lobbying après que plusieurs pays et parties, dont les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Union européenne, aient explicité leurs intentions d'imposer des sanctions aux commandants de l'armée, en signe de condamnation du coup d'État militaire.
La représentante permanente du Royaume-Uni auprès de l'ONU, Barbara Woodward, a déclaré, vendredi dernier, que le Conseil de sécurité envisageait d'imposer des sanctions internationales aux commandants du coup d'État au Myanmar, dont un embargo sur l'exportation d'armes à l'armée.
Au début du mois de février, des commandants de l'armée ont mené un coup d'État, suivi de l'arrestation de hauts dirigeants du pays, dont le président Win Myint et la chancelière Aung San Suu Kyi.
Après le putsch, des manifestations populaires de rejet de l'autorité militaire, ont eu lieu dans tout le pays. L'administration militaire a alors imposé la loi martiale dans 7 quartiers de Yangon et de Mandalay.
Les manifestations ont fait des dizaines de morts et de blessés, dont certains ont été abattus par la police.
* Traduit de l’arabe par Mounir Bennour.