Ben Amed Azize Zougmore
04 Mai 2026•Mise à jour: 04 Mai 2026
Les députés français entament lundi l’examen d’un projet d’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM), adoptée en 2023 mais jugée déjà dépassée dans un contexte marqué par le retour de la guerre en Europe et l’escalade des tensions au Moyen-Orient.
Le texte prévoit une augmentation de 36 milliards d’euros des crédits de défense d’ici 2030, portant l’enveloppe globale à 436 milliards d’euros, afin d’adapter les capacités des armées à l’évolution des menaces.
« Le monde se durcit tout autour de nous », a déclaré la ministre des Armées, Catherine Vautrin, lors de l’examen du texte en commission mi-avril, estimant nécessaire « d’aller plus vite et frapper plus fort » face aux nouveaux enjeux sécuritaires.
Le projet, adopté en commission avec le soutien du bloc central et des socialistes, suscite néanmoins des réserves. Plusieurs députés jugent ses ambitions insuffisantes au regard du risque de confrontation avec la Russie, dans un contexte de fragilisation des relations transatlantiques.
D’autres élus relativisent sa portée à l’approche de l’élection présidentielle de 2027, estimant que le prochain chef de l’État pourrait proposer une nouvelle trajectoire stratégique. « L’élection présidentielle sera marquée par la situation internationale », a indiqué le rapporteur du texte, Yannick Chenevard.
Sans modifier le format des armées, le projet met l’accent sur des investissements jugés prioritaires, notamment en matière de munitions.
Le texte introduit également plusieurs mesures nouvelles, dont la création d’un « état d’alerte de sécurité nationale », permettant de déroger à certaines règles administratives ou environnementales en cas de menace grave. Cette disposition suscite des inquiétudes à gauche, qui redoute l’instauration d’un régime d’exception aux contours jugés imprécis.
Par ailleurs, un article prévoit d’autoriser certains opérateurs, notamment les aéroports, à recourir à des dispositifs de brouillage ou de neutralisation de drones, y compris via des prestataires privés, dans un contexte de multiplication des intrusions dans les espaces aériens.
Le projet inclut enfin le développement d’un service national militaire volontaire, destiné aux jeunes de 18 à 19 ans. D’une durée de dix mois et rémunéré, ce dispositif représente un coût estimé à 2,3 milliards d’euros sur cinq ans, mais fait l’objet de critiques de la part de l’opposition, qui le juge inadapté.
L’examen du texte doit se poursuivre jusqu’à jeudi à l’Assemblée nationale.