Hajer Cherni
22 Mars 2021•Mise à jour: 22 Mars 2021
AA / Kuala Lumpur
Des dirigeants politiques opposants au coup d'État militaire au Myanmar, envisagent de former une armée populaire pour protéger les protestataires contre les répressions armées des forces de sécurité, à leur encontre.
C'est ce qui ressort des déclarations de Zin Mar Aung, membre du Comité de représentation du Parlement national anti-coup d'État pour la formation d'un gouvernement civil, au site électronique Now News.
Mar Aung a, dans ce contexte, déclaré que les députés anti-coup d'État ont négocié avec des groupes armés ethniques l'éventuelle formation d'une force armée pour protéger le peuple de la junte militaire.
À cet égard, elle a ajouté : "Nous avons atteint 80 % de notre objectif et nous poursuivrons encore nos discussions avec les parties concernées."
Selon la même source, ces derniers ont discuté de cette question avec les partis politiques et les manifestants anti-coup d'État.
"Et maintenant, nous négocions comment agir ensemble dans la situation actuelle, et les réponses que nous recevons sont très positives à cet égard", a-t-elle expliqué.
Par ailleurs, Mar Aung a souligné que le comité ne considérait plus les groupes ethniques armés comme des terroristes, exprimant ses remerciements à tous les autres groupes armés qui ont affiché leur soutien au peuple du Myanmar face à "l'administration militaire".
Mar Aung a appelé les soldats ayant "la conscience éveillée" à s'opposer à la junte militaire.
De son côté, Keren Khin, l'un des organisateurs des manifestations, a indiqué à l'Agence Anadolu que les militants armés représentant les groupes ethniques Karen et Kachin soutiennent pleinement les protestataires.
Et de poursuivre : "Avant le coup d'État, l'armée était le seul groupe armé officiel du pays, mais depuis le coup d'État et sa trahison du peuple, les groupes ethniques armés et le Comité de représentation du Parlement national se sont engagés pour protéger les manifestants, et actuellement le comité envisage de former une armée et à la légitimer."
En février, des commandants de l'armée ont mené un coup d'État, suivi de l'arrestation de hauts dirigeants du pays, dont le président Win Myint et la chancelière Aung San Suu Kyi.
Après le putsch, des manifestations populaires de rejet de l'autorité militaire, ont eu lieu dans tout le pays. L'administration militaire a alors imposé la loi martiale dans 7 quartiers de Yangon et de Mandalay.
*Traduit de l'arabe par Hajer Cherni